LES CHRONIQUES CINÉ DE FRANCISCO & CO.

LES CHRONIQUES CINÉ DE  FRANCISCO & CO.

APOCALYPTO, fast and furious

AVENTURE / SURVIVAL                         BLU-RAY

MEL GIBSON

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Disparu des bacs depuis deux ou trois ans, le revoici.

Disribué par Studiocanal. Prix modique, film énorme. Difficile de réaliser, à la fin de ce grandiose et furieux survival, que l'on vient d'encaisser deux heures vingt de cinéma. Et de grand cinéma!

Il y a dix ans un réalisateur à l'ambition et l'énergie phénoménale décidait de se lancer dans un projet fou. Replonger le spectateur à l'époque des Mayas. Tourner son film en pleine jungle mexicaine avec des acteurs non-professionnels, castés sur place et parmi la population amérindienne, et s'exprimant tous en Maya Yucatèque. Une langue parlé aujourd'hui par moins d'un million de personnes dans le monde. Un seul objectif: l'immersion absolu. À l'origine le film ne devait même pas être sous-titré. Un parti-pris radical auquel Gibson renoncera finalement, la production reposant déjà sur ses propres deniers. Mais sur le fond et la forme le résultat reste à ce jour inégalé et probablement inégalable.

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Là encore, j'vais être très clair. Je sais bien que je me vautre souvent dans l'hyperbole aussi je confirme qu'il s'agit d'un trip ciné où le viscéral confine au mystique. Avec Apocalypto Mad Mel signe pour moi son chef d'oeuvre. L'Homme Sans Visage est sympa, le fier et vaillant Braveheart à prit un petit coup de vieux, La Passion du Christ est terrassante mais souffre d'une introduction totalement ratée. Apocalypto, de la première à la dernière image, me scotche toujours autant au canapé. Ce délicieux spectacle barbare et tonitruant n'a pas pris une ride. Décors, costumes, armes, maquillages, enterrent des décennies de carton-pâtes et fait regretter le temps d'avant les incrustations en numérique. Une direction artistique de première classe! Coté photographie c'est le grand Dean Semler (Danse Avec Les Loups) qui s'en charge et le résultat à l'écran est fantastique. Tout sonne juste et épais. Authentique.

Qu'importe si quelques férus d'histoire ont fait la moue sur nombre de détails, Mel Gibson est d'abord un cinéaste. Il façonne le récit à sa convenance. Il recréé un monde disparu, alors si un témoin de l'époque trouve des choses à redire ce n'est plus mon problème. Qu'il ne soit pas prouvé que les Mayas aient recours à l'esclavage, soit. ( Que Leurs temples aient été érigés par quelques milliers d'ouvriers en CDI bénéficiant d'une couverture sociale de premier ordre reste également à prouver). L'essentiel est que ça fasse vrai. Le monde d'Apocalypto est pour moi, humble spectateur, non seulement crédible mais totalement stupéfiant.

 

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L'histoire du jeune et véloce Patte de Jaguar commence dans son Eden. Au milieu des siens. Le danger rôde. Un crescendo conduit de main de maître. Apparitions de fuyards aux visages dévastés par la terreur. On se dit que ça ne sent pas très bon tout ça. On est tendus. On a peur. C'est le principe des Dents de la Mer, on poiraute un peu avant l'apparition de la bête.

Surgissent alors les guerriers Mayas. Là, tour de force du casting, du maquillage et des costumes, la troupe des assaillants est d'emblée terrifiante. On devine instantanément que tout recours à la diplomatie sera vain et hors de propos. Le village et la tribu de Patte de Jaguar vont prendre cher. Très cher. Un séance de massacre et de pillage pas fun du tout comme Mel sait si bien les emballer depuis Braveheart et ses mêlées dopées à la testostérone et au figurants galvanisés par l'énergie d'un réalisateur intrinsèquement survolté. L'énergie et le propos d'Apocalypto transcendent chaque scène d'action. "Se battre et survivre quand tout s'écroule".

 

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Apocalypto, en grec, signifie "révélation".  Le film s'affirme ainsi. La barbarie aujourd'hui est partout. Évidente ou insidieuse. Que ce film ne soit pas rigoureusement historique importe peu. Faire tomber le mythe d'une civilisation Maya "habitée par la science et la spiritualité, en avance sur son temps" en la décrivant rongée de l'intérieur par la cruauté et l'oppression est d'abord un miroir et, accessoirement, une vigoureuse baffe en travers de la gueule de nos empires actuels. Il fait bon rappeler que nos richesses, notre admirable technologie et notre fragile "puissance" ne fructifient et ne se développent que sur le dos des pays les plus pauvres. L'allégorie est rude mais efficace. Apocalypto parle bien de notre monde. Une intention inscrite dès l'ouverture du film avec cette citation de l'écrivain, historien et philosophe américain William James Durant : " Une grande civilisation n’est conquise de l’extérieur que si elle est détruite de l’intérieur"

Patte de Jaguar ne se bat pas pour une cause,  il ne s'échappe pas pour sauver son peuple, il fuit et endure toutes les souffrances pour retrouver ceux qu'il aime. Sa famille. Dernier rempart contre une barbarie omniprésente. La colonisation à venir sera évoquée dans une seule séquence mais la démonstration qui a précédé est sans appel. Ce monde est déjà condamné. " Il y a bien quelque chose de pourri au royaume des Mayas" aurait pu écrire Shakespeare.

Apocalypto est l'oeuvre d'un visionnaire. Un très grand film que bien peu de réalisateurs auraient pu hisser à ce degré d'intensité. Il est bon d'apprendre que Mel Gibson est de retour aujourd'hui derrière la caméra. Le cinéma a sacrément besoin de lui.

 

 

 

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Refaire le monde

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APOCALYPTO

2006

2H20

LE BLU-RAY :  Passé de TF1 à Studiocanal, je ne dispose que du précédent transfert. A priori, il s'agit du même master. Un des tops au débuts du Blu-ray. Respect du grain ciné mais un niveau de détail, des contrastes et des couleurs qui enterrent noblement le DVD. Faites le voyage en HD !

Director:

 

 

 

 

 

 

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11/10/2015
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