LES CHRONIQUES CINÉ DE FRANCISCO & CO.

LES CHRONIQUES CINÉ DE  FRANCISCO & CO.

ZODIAC, Fincher aux sources du mal

POLAR                                                 BLU-RAY

DAVID FINCHER

47011660062c4.jpg

 

 

 

 

 

 

Un polar parfait sur une enquête inachevée.

Tour de force scénaristique (rendre passionnant un parcours déceptif) Zodiac s'affirme aujourd'hui comme un polar monumental. L'autopsie ultra-documentée et rigoureuse d'une l'affaire encore en cours aujourd'hui. Celle du Zodiac. Une voix qui terrorisa la Californie des années soixante et soixante dix en s'attribuant près de quarante crimes. Panique que le tueur alimenta généreusement en adressant plusieurs lettres aux journaux locaux. Cette mystérieuse figure de l'histoire criminelle des États Unis inspira de nombreux films et personnages dont le terrifiant Scorpio dans l'Inspecteur Harry ( une séquence au coeur de Zodiac y fait directement allusion)

Le scénario de James Vanderbilt s'appuie sur les livres que consacra Robert Graysmith à cette affaire. Un auteur qui était caricaturiste au San Francisco Chronicle à l'époque ou les lettres du tueur parvinrent à sa rédaction. Le film suit le fil de son obsession dévorante pour cette affaire, puisqu'il consacra le reste de sa vie à tenter de démasquer le mystérieux tueur en série. Un rôle brillamment défendu par Jake Gyllenhaal (à 27 ans, l'acteur avait déjà donné la pleine mesure de son talent dans Donnie Darko, Brokeback Mountain et Jarhead) À ses côtés, Robert Downey Junior impose sa charismatique décontraction avec élégance tandis que le reste de la distribution s'abandonne totalement à l'impériale direction artistique d'un réalisateur au sommet de son art.

zodiac-2007-43-g.jpg

12 ans après Seven, film instantanément culte et maître-étalon du Serial Polar, David Fincher nous livre donc ici son pendant presque contemplatif. Les deux principales scènes de crime, l'ouverture et la séquence au bord du lac, sont d'une beauté plastique sidérante et se déroulent au rythme d'une marche funèbre. Zodiac avance comme un tueur. Méthodique, appliqué et, au final, implacable. Après l'effroi, la terreur et le final traumatisant d'un opéra macabre et virtuose sur le thème des sept péchés capitaux orchestré par une ombre effrayante et omnipotente, voici le traitement réaliste et à la précision quasi encyclopédique d'une authentique affaire criminelle sur une figure définitivement anonyme.

Zodiac impressionne par la rigueur absolue de sa mise en scène et le soin extrême accordé à sa direction artistique. Décors, costumes, accessoires, B.O, le voyage dans le temps s'effectue en première classe. Cadres au cordeau, photographie somptueuse du grand Harris Savides (The Game, The Yards, Gerry) ce nouveau chef-d'oeuvre de maître Fincher s'apprécie encore plus aujourd'hui (presque dix ans après). Après la sombre parabole universelle et atemporelle voici la reconstitution minutieuse, ou chaque crime est reproduit de la manière la plus conforme aux faits d'origine. Tout les éléments s'accordent ici à la perfection. Une absence totale de fausse notes qui étonna même les témoins privilégiés de ce terrible échec judiciaire. L'inspecteur David Toschi (interprété par Mark Ruffalo) chargé à l'époque de démasquer le Zodiac, s'étonna même de découvrir grâce au film certains détails de l'enquête qui lui avaient échappés. Fincher, réalisateur obsessionnel (selon ses plus proches collaborateurs) ne laisse rien au hasard. Une exigence qui répond totalement à celle du personnage principal. C'est le mariage parfait du créateur à son modèle. Ferment du chef d'oeuvre.

Premier film intégralement tourné sur support numérique, les effets visuels permirent à Fincher de retravailler plus aisément ses images de manière à reproduire les décors tels qu'ils étaient à l'époque des faits. Ce travail d'horloger est payant. Compte-tenu de la piètre qualité de ce qui sort actuellement au cinéma dans ce domaine, revoir Zodiac nous fait goûter au caviar du polar. Ce qui s'affiche à l'écran tutoie la perfection. Si, à l'époque de sa sortie, le rythme du film et son refus du spectaculaire pouvaient décontenancer tous ceux qui attendaient un Seven 2, le voici aujourd'hui drapé de la luxueuse patine des plus grands classiques et diffusant cette étrange aura propre aux oeuvres de maîtres.

watchoutsommonesgonnagetyou_zodiac.jpg

Au cours de l'enquête le monde a changé. Au coeur du film, dans la director's cut, sur fond noir, résonnent les sons de la radio. Échos du Watergate,  de la guerre du Vietnam, et du fantôme de Charles Manson. Zodiac nous fait passer de l'élan des sixties, l'american dream clignotant comme un sapin de noël, à l'ère du doute et de la grande parano...

2500 suspects interrogés par la police. Robert Graysmith n'en retiendra qu'un au final. Le film apporte ainsi une forme de réponse à l'énigme. Mais ne nous y trompons pas. La fin laisse un grand vide. Celui de toutes ces vies perdues. Celles des victimes comme celles de ceux qui ont cherché à connaitre la vérité sans jamais obtenir de réponses.

Ainsi s'enchaînent Les films de Fincher. Comme autant de suppliques. Toiles d'un monde confronté à l'indéchiffrable. Cette quête de sens éperdue aux portes du chaos .

 

 

 

screenshot-lrg-05-e1391778765468.png

 

 

 

 

 

 

 

 

Nouveau trailer - Joel Walden

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Entropie

UNxaszxYVfptTWUgLyTm0VuDqrI.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

81ASqO43RUL._SL1500_.jpg
 

 

 

ZODIAC

2007

2H40

LE BLU-RAY : top démo des débuts du Blu-ray, ce transfert Blu-ray a encore fière allure. Premier film de maître Fincher entièrement tourné sur support numérique, le grain se fait oublier et affiche un piqué et un niveau de détail le plus souvent olympique. Une once de macro-blocking sur deux-trois scènes sombres vient jouer les troubles-fêtes dans un ensemble tutoyant la perfection. 

Director:

Writers:

(screenplay), (book)
 
 
 
 
 
zodiac.jpg


17/06/2016
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi