LES CHRONIQUES CINÉ DE FRANCISCO & CO.

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HANNIBAL (2001), la belle et la bête

THRILLER / FANTASTIQUE                 BLU-RAY

RIDLEY SCOTT

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15 ans après une impression mitigée en salles, je viens de redécouvrir avec bonheur la vision d'Hannibal selon sir Ridley Scott.

Avec bonheur car réévaluer à ce point un film permet de mesurer encore une fois la relativité de toute critique au moment de sa sortie ciné. Le temps est décidément seul juge et revoir Hannibal confirme pour moi le génie visionnaire du papa de Blade Runner et Gladiator.  Les critiques s'effacent, les films restent. Hannibal est aujourd'hui bien vivant ! À l'époque, je voulais voir un thriller, je réalise à présent que le cinéaste nous emmenait à l'opéra.

 

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Loin du réalisme poisseux du chef-d'oeuvre de Jonathan Demme, Le Silence des Agneaux, la relecture du personnage d'Hannibal Lecter proposée par Scott et ses deux scénaristes, David Mamet et Steven Zaillian, s'envole vers le fantastique. A ce titre la série éponyme créée par Bryan Fuller s'inscrit sur le fond comme sur la forme dans la droite ligne de cet opus.

Nous sommes ici à la lisière du conte et du roman gothique. Lecter, au delà de la figure du Serial Killer, devient l'ogre, le démon au coeur de l'homme. Dans la séquence charnière de son retour au crime, la silhouette en noir et blanc captée par une vidéo de surveillance évoque même le Nosferatu de Murnau. Silhouette fantomatique et définitivement insaisissable. Incarnation surréaliste et fantasmatique du mal absolu.

Figure omnisciente et omnipotente, son seul ennemi de taille est ici sa propre "créature". Mason Verger. Un milliardaire atrocement défiguré par les soins du bon docteur et consacrant sa fortune et son temps à préparer sa vengeance. Un visage d'horreur derrière lequel il est impossible de reconnaitre Gary Oldman. Et pourtant, par ses gestes et sa voix, le talent de cet acteur, toujours à l'aise dans les extrêmes, rend immédiatement crédible sa figure de victime et bourreau. Une création d'Hannibal et une composition d'acteur réellement terrifiantes.

 

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Entre les décors du Palazzo Vecchio de Florence ou évolue Hannibal et le château du milliardaire Mason Verger, Milliardaire ivre de vengeance, le spectateur est ainsi plongé dans une ambiance de conte de fée macabre. La violence, l'horreur des crimes prennent ici une dimension opératique, soutenue par la musique aux accents symphonique de Hans Zimmer et les lumières aux ombres profondes de John Mathieson.

Aussi brutal et terrifiant qu'érudit et raffiné, cette figure plus vampirique que jamais, âme damnée de l'enquêtrice Clarice Starling, offre encore une fois une partition de premier choix à l'extraordinaire acteur qu'est Anthony Hopkins. Prolonger l'expérience du Silence des Agneaux était son souhait le plus cher et son plaisir est palpable. Tétanisant la concurrence d'un seul regard. Qu'il s'éloigne en sifflotant ou qu'il enfile une paire de gants, un délicieux frisson nous fait monter le sourire aux lèvres. Du grand Art. Celui de nous placer face au monstre en quelques gestes élégants et douces inflexions de la voix.

Reste l'absence de Jodie Foster, refusant de reprendre un des rôles les plus emblématiques de sa carrière. Là encore, Scott franchit allégrement l'abîme. En choisissant Julianne Moore, véritable beauté préraphaélite, Scott nous fait entrer de plein pied dans la vision d'Hannibal. Cannibale gourmet, ayant le goût du beau, épris d'art et de culture, vomissant les brutes et les vulgaires. La présence de Clarice, vaporeuse, silencieuse, presque irréelle, est aux antipodes de celle, terrienne, de Foster. Une interprétation presque détachée qui évoque clairement, à mon sens, l'envoûtement du personnage. Telle "Mina" hantée par l'omniprésence du comte Dracula. Clarice, mise au banc de sa profession, incomprise et humiliée, appartient désormais au monde de Lecter. C'est d'ailleurs grâce à son intervention que Lecter échappera à l'atroce vengeance de Mason Verger. Le dernier affrontement entre Clarice et Hannibal lors du dernier dîner ressemble plus à une querelle d'amoureux passionnés qu'à une tentative d'arrestation. N'oublions pas que dans le roman de Thomas Harris, Clarice s'abandonne au démon et s'enfuit avec lui. Final d'un romantisme fou, profondément dérangeant et abandonné par la production.  Une perspective chuchotée tout au long du film. Reste cette image, ci-dessous, inoubliable, résumant à elle seule l'esprit de ce grand film un peu dingue, baroque et foisonnant, souvent jubilatoire et sans cesse fascinant.

 

 

 

 

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BEING LECTER

 

 

 

 

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LOVE LETTER

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

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HANNIBAL

2001

2H10

LE BLU-RAY :  Souvent décrié, j'ai trouvé pour ma part ce transfert tout à fait correct. Compte tenu de l'âge du film et de la matière. Un coté obscur triomphant dans la plupart des scènes et un aspect argentique nécéssitant une gestion du grain délicate. Résultat : sensation ciné totalement respectée. Vous n'aurez pas le lisse ni le piqué des productions numériques actuelles mais l'ensemble est de belle tenue. Pour les possesseurs d'écrans imposants la comparaison avec le dvd est ... incomparable.

Director:

Writers:

(novel), (screenplay), 1 more credit »

 

 

 

 

 

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21/09/2015
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