LES CHRONIQUES CINÉ DE FRANCISCO & CO.

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CREED, le dernier combat

DRAME                                                   BLU-RAY

RYAN COOGLER

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- How did you beat him?

- Time beat him. Time, you know, takes everybody out. It's undefeated.

 

Creed, aussi soigné et bien écrit soit-il, n'accède jamais pour moi à la dimension quasi mythologique du premier et dernier opus des prouesses de l'étalon italien. Le principe de base : transformer "l'ordinary guy" le "Working-Class Hero" en modèle national est ici absent. Il manque donc pour moi le piment de base qui aurait pu apporter un peu de saveur à ce sage hommage au guerrier du ring. Voici donc le fils illégitime d'Apollo Creed, illustre adversaire puis ami de Rocky, mort au combat. L'enfant a connu une enfance difficile en foyer de redressement mais il a été finalement adopté par la richissime veuve du célèbre boxeur (une très belle scène). Le garçon grandit ainsi dans le luxe et a comme seul enjeu de se faire accepter comme digne successeur de son illustre père. Sa passion reste la boxe. Contre l'avis de sa mère adoptive, il va donc tout tenter pour devenir un champion. Quel meilleur entraineur que le mythique Rocky Balboa?

 

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Le truc qui coince pour moi est que ce jeune homme est d'emblée un magnifique athlète au physique de gravure de mode. Michael B. Jordan est beau comme un dieu, son personnage s'appelle Adonis, et n'a pas besoin de s'entrainer sur des carcasses de boeuf dans de miteuses chambres froides. Son seul drame "être le fils de". C'est un peu maigre quand on se frotte à l'univers de Rocky. Sa carrière a certes commencé sur des rings de seconde zone au fin fond du mexique mais son personnage est loin d'être aussi méritant que celui du petit italo-américain, sans le sou, qui a forgé la légende.

En plus de cet angle scénaristique un poil opportuniste, il faut préciser que l'acteur principal manque cruellement de présence. Il n'a ni le charisme de l'acteur qui jouait son père (magnétique Carl Weathers) ni ce petit plus qui suscite l'attachement immédiat au personnage. D'ailleurs, dès que Stallone apparait, impérial en entraineur fatigué,  l'Adonis n'existe quasiment plus à l'écran. L'alchimie n'a pas lieu. Tout ici est très bien filmé et photographié mais le résultat reste désespérément...  lisse. Les combats sont vus et commentés "comme à la télé",  procédé propre, assez efficace, mais sans génie.  Au final, Creed souffre de n'être jamais une oeuvre viscérale. Ce caractère fort, brutal, intransigeant, qui fait la marque des plus grands films dédié à l'univers de la lutte. Cette rage qui irrigue les totems du genre, de Rocky à The Wrestler en passant par Raging Bull, Ali, Warrior ou Million Dollar Baby. Les notions d'effort, d'apprentissages dans la douleur et de revanche sur la vie qui ont nourri les meilleurs opus de la saga ne prennent jamais leur envol ici.  Dommage.  D'autant que l'autre combat du film, celui que doit mener le personnage de Rocky face à la maladie, aurait pu apporter l'intensité nécessaire à une oeuvre-hommage profondément émouvante. Même si Stallone reste toujours juste et bouleversant, il n'est ici que la figure fantomatique d'un film qui a bien du mal à exister. Ni raté, ni honteux, il se laisse tranquillement regarder. Un confort fatal. Creed perd son match par manque de détente, un jeu de jambes prévisible et un direct plutôt timide.

Le temps restant un boxeur invaincu, le dernier plan laisse entrevoir le très grand film que Creed aurait pu être.

 

 

 

 

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L'essence du combat 

 

L'hommage à Rocky signé Alex Barker

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'avis des membres !

 

 

Marian-o

"...  Il n'y a pas de "drame" dans ce film, aucune "tragédie" qui puisse mener l'histoire plus loin, que puisse nous sortir de la superficialité de la jeuneuse d'aujourd'hui. Aucun vrai hommage non plus aux gloires : Balboa, Creed, l'ambiance des gymnases semblent sortie d'une pub de Nike, les entraineurs n'existent pas ( remember Burgess Meredith ! Enorme pilier de la série Rocky ).
Bref… ce film ne fais pas le poids!"

 

 

 

 

 

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CREED

2015

2H10

LE BLU-RAY : HD olympique et grand bonheur rétinien.  Tourné en numérique (Arri Alexa XT) et couché sur 35 mm, le piqué et le niveau de détail ravissent du premier au dernier plan avec ce très fin voile de grain, presque imperceptible, qui apporte au film cette classieuse et délicate patine. Le genre de titre qui ronronne comme un gros chat sur format Blu-ray.

Director:

Writers:

(screenplay), (screenplay) | 2 more credits »
 
 
 
 
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31/05/2016
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