LES CHRONIQUES CINÉ DE FRANCISCO & Co

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FRANTZ, on est pas obligé d'aimer...

DRAME / VOD

FRANÇOIS OZON

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François Ozon est un réalisateur passionnant parce qu'on ne le retrouve jamais au même endroit. Il cherche et explore depuis la fin des années 90 une multitude d'univers ou les femmes gouvernent. J'ai un profond respect pour ce genre de cinéaste qui n'hésite pas à expérimenter différentes formes de narration du drame opaque à la comédie débridée. Mais je dois avouer que je ne suis pas inconditionnel du résultat. J'ai admiré Sous le Sable, oeuvre magnifique sur le deuil, mais suis resté de marbre devant 8 Femmes. J'ai été sensible à l'épure vénéneuse de Jeune et Jolie mais n'ai pas décroché un sourire devant Potiche. Vous l'aurez compris, Ozon me le fait bien quand il est grave.

Et pourtant, j'ai traversé sans trop d'émotion ce beau musée qu'est resté Frantz à mes yeux.

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Cadres au cordeau. Photographie somptueuse de Pascal Marti, au noir et blanc d'une folle élégance basculant de temps à autre avec grâce vers la couleur. Visuellement, on pense à quelques maîtres, de Bergman à Edgar Reitz en passant par le Handke du Ruban Blanc. Un instant seulement car pour moi rien ici ne s'incarne. Comme pétrifiés dans le corset d'une direction artistique de premier ordre les acteurs peinent à habiter ces tableaux et décors éclairés à la perfection. Pierre Niney, dont j'avais admiré le travail sur Yves Saint-Laurent, n'échappe jamais au clichés de son personnage rongé par la culpabilité et délivre une forme de triste pantomime. Face à lui l'actrice allemande Paula Beer s'en sort beaucoup mieux. Douceur lasse du regard et noblesse du visage, l'actrice apparait magnétique. Si son jeu n'était pas trop souvent bridé par un placement dans le cadre au millimètre, cette magnifique actrice aurait pu aisément allumer le feu absent de ce drame naviguant avec élégance en eau tiède. Sur une trame prévisible le scénario enchaîne laborieusement ses chapitres sans que rien ne bouscule.

Nouvel exercice de style dans la riche filmographie de François Ozon, Frantz a le défaut d'exhiber d'abord l'exercice avant le style. Je le classe parmi ces beaux objets de déco qui séduisent sans peine les critiques se plaisant à rester dans leurs chaussons. Mais pour ceux qui attendent d'être propulsés à quelques lieues de leur zone de confort ils découvriront un spectacle agréable à regarder mais désespérément poli et dépourvu de cette insolence artistique qui insuffle la vie à la fiction.

 

 

 

  Francisco,

 

 

 

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Disponible en Blu-ray.

 

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FRANTZ

2016

1H50

L'image : Compte tenu de la qualité de l'image délivrée en VOD, détaillée, aux contrastes délicats, on peut imaginer que l'achat en Blu-ray s'imposera pour les fans de cette jolie pièce de musée.

Réalisation:

Scénario:

(screenplay), (in collaboration with)

 

 

 

 

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18/01/2017
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