LES CHRONIQUES CINÉ DE FRANCISCO & CO.

LES CHRONIQUES CINÉ DE  FRANCISCO & CO.

TRUE DETECTIVE SAISON 2, méga sombre

SÉRIE                                                     BLU-RAY

NICK PIZZOLATO

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Je ne vais pas vous faire poireauter plus longtemps : Oui,  la saison 2 pour moi est moins emballante que la monumentale première salve.

Difficile de trouver meilleure alchimie que le tandem McConaughey / Harrelson. Deux authentiques allumés. "L'authentique' c'est un peu le point qui fait défaut ici. Le seul vrai allumé dans la joyeuse bande de flics neurasthéniques de la saison 2 c'est Colin Farrell. Comme ses deux illustres prédécesseurs cet acteur a connu le coté obscur de la célébrité et autres dérives alcoolisées et autre dépassement de lignes blanches avec enfilade de nanars durant sa carrière. Il joue donc très bien le mec sombre et dépressif. Plus difficile en revanche aux jeunes et beaux Rachel McAdams et Taylor Kitsch de nous faire goûter à l'enfer intime d'une âme torturée. Ils ont beau avoir fait nuit blanche, s'être creusés un cerne ou deux, serrer les mâchoires et froncer les sourcils à donf, leur "fatigue-existentielle-True-Detective" exprime plus une fin de journée de boulot qu'une vie sous le poids du trauma. Quant au mi-méchant mi-gentil de la série Vince Vaughn, l'acteur a perdu facile 30 kg, ce qui lui permet d'assouvir encore plus son désir de jouer exactement comme Christopher Walken. Visiblement, tous les acteurs ont adorés la saison 1 et chacun ici se donne à fond.

 

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Seulement voilà, la direction d'acteur a clairement manqué de mesure. Ils en font tous des tonnes pour nous la jouer bien sombre et torturé. Et donc, conséquence, ce qui devait arriver arrive :  l'excès de spleen vire ici et là au comique involontaire.

Dommage car, coté écriture, Nick Pizzolatto a du ventre, une âme profonde et du talent à revendre. Il nous aligne encore de sacré lignes de dialogue. Des phrases à pousser au suicide un moine bouddhiste. Il faut dire que chaque personnage trimballe dans ses valises une éducation et des souvenirs sous le signe du No Future. Je peux vous dire, sans spoiler que ça tape dans le Zola, le lourd et le gratiné. Et de ce coté là le scénario n'y va pas de main morte puisque dans la saison 2 vous n'avez pas un tandem mais bel et bien un quatuor de héros fracassés et à deux doigts du nervous breakdown.

Après, je ne vais pas vous mentir, l'ensemble se suit sans déplaisir. Parce que le générique est encore une fois à tomber et qu'il reste un paquet de scènes plutôt bien jouées et que l'on fait quand même dans le tordu et le bien glauque. L'autre point c'est que j'ai aimé le personnage de Colin Farrell en flic carbonisé-divorcé-alcoolique-drogué-hyper impulsif limite violent et qui se débrouille quand même pour construire un ersatz de relation sympa avec son fils en net surpoids. Un surpoids qui voue ce petit bout de chou attachant comme tout aux moqueries de ses abrutis de camarades de classe. Donc, par rebond, le personnage de Farrell devient forcément hyper attachant dans le rôle de ce type seul, rincé de toute illusions, au prise avec ses démons mais qui fait ce qu'il peut pour rester dans les clous par amour pour son fils. D'ailleurs, chacun ici essaye de se reconstruire et d'échapper aux fantômes du passé mais au cours d'une enquête obscure, dont, hélas, on se fout un petit peu, ils vont bien être forcé d'admettre que we get vraiment the world we deserve et que everything is définitivement fucked up.

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Donc l'ambiance est loin d'être fun et la saison nous réserve tout de même de chouettes moments de déprime hyper glamour. Rachel McAdams reste méga sexy en nana trash et Taylor Kitsch laisse entrevoir à plusieurs reprises un bel acteur en devenir. Esthétiquement, tous sont plutôt bien mis en valeur grâce à une mise en scène qui assure le job. Une collection particulièrement chiadée de plans aériens survole l'ensemble pour poser sur tout cela le regard d'un Dieu impuissant. Quant à l'incontournable morceau de bravoure, après l'hallucinant plan-séquence de six minutes au coeur de la saison 1, il s'agit cette fois d'un gunfight totalement scotchant. Un carnage qui nous invite, huit minutes durant, au coeur de l'enfer.

On trouve tout au long des épisodes clins d'oeil et des ambiances soigneusement décalés façon David Lynch et une texture d'image très seventies. La photographie de Nigel Bluck (L'arbre, Ladygrey) dorée et feutrée à souhait dans les scènes intimistes sait aussi assurer un piqué atomique sous le soleil d'une Californie aux couleurs défraichies. Tourné en 35mm le grain ciné apporte une merveilleuse patine à l'ensemble. Visuellement c'est du tout bon. (sans pouvoir rivaliser, forcément, avec les splendides visions du Bayou de la première saison) 

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Alors voilà : Même un peu too much dans l'interprétation, scénaristiquement et visuellement moins reversante que la première saison, True Detective saison 2 reste un bon moment de télévision, servi sur un Blu-ray de compétition. Il faut garder à l'esprit que la saison 1 est un Everest et que rien n'est plus haut que l'Everest. Mais l'intention reste noble et le cahier des charges rspecté : Offrir du bon polar épais à l'écriture rugueuse sur des damnés de la terre enquêtant en enfer. Pour ce faire, il est indispensable de taper dans du très très lourd coté acteur et actrices. Ici tout le monde est bien mignon mais il faudra impérativement du titan pour la saison 3, si l'on veut sortir du déjà vu. D'authentiques dévoreurs d'écran comme Mickey Rourke, Halle Berry, Denzel Washington, Javier Bardem, Rosario Dawson, Billy Bob Thornton. Des visages véritablement irradiants, histoire de replonger avec panache au fond du gouffre.

 

 

 

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L'avis des membres

 

 

 

Annevalle,

"...  j'ai adoré car, comme tu dis, après "le top" c'est forcement moins bien ! mais le duo Colin Farrell / Vince Vaughn m'a séduite et j'ai bien accroché ; quand à la musique de Leonard Cohen "Nevermind"elle est subtilement choisie, en effet à chaque épisodes les paroles sont choisies pour s'adapter à la situation; tout est dans le détail "

 

 

 

 

 

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TRUE DETECTIVE  (SAISON 2)

2015

8 x 1h

 

LE BLU-RAY :  Respect de l'aspect argentique d'un tournage en 35 mm. Plan d'ensemble à se décoller la rétine et gestion du grain subtile. Une belle matière cinématographique.

 

Creator:

 
 
 
 
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27/02/2016
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