LES CHRONIQUES CINÉ DE FRANCISCO & CO.

LES CHRONIQUES CINÉ DE  FRANCISCO & CO.

THE KNICK, There will be blood !

SÉRIE  HBO - CINEMAX                         BLU-RAY

Créateurs : Jack Amiel et Michael Begler

image_portrait_w858.jpg

 

 

 

 

 

Intense !

Happé dès les premières images,  j'ai plongé dans ce cauchemar flamboyant et foutrement novateur. Bienvenue au Knickerbocker Hospital, dans l'univers fébrile et gore des pionniers de la chirurgie.

New-York. 1900. Le quotidien d'un groupe de médecins d'élite sous la conduite d'un avant-gardiste virtuose du bistouri, pur génie dopé à la cocaïne, traçant l'avenir avec une détermination proche de la folie furieuse. Gigantesque Clive Owen secondé par un casting de talent ou brillent Juliet Rylance, André Holland, Jeremy Bobb et la troublante Eve Hewson. Les personnages constituent ici le centre, le sel et le paysage le plus fascinant de ce spectacle détournant tous les clichés du genre. Il serait malgré tout aberrant de ne pas saluer le travail admirable accomplit sur les décors et costumes. Du cousu-main rendu plus authentique encore par la fluidité de la mise en scène. Travellings et plans à l'épaule n'entravent jamais la lisibilité. Des nuits sépias aux matins bleutés, la photographie palpite dans les scènes sombres et ne laisse filtrer que la pâleur du jour dans les ombres de l'hôpital. C'est beau, tout le temps, et la partition est calée sur l'électrocardiogramme d'envoûtantes mélopées techno. Une B.O contemporaine qui, passé l'effet de surprise, démultiplie l'effet de réalité. The Knick éblouit, éclabousse, choque et assume avec aplomb son urgence créatrice et sa rageuse et rugueuse modernité.

the-knick-cinemax.jpg

Au delà de l'extrême violence et crudité de certaines séquences, l'hommage au courage de ces hommes et ces femmes ayant sacrifié leur vie pour façonner la médecine d'aujourd'hui est ici totalement transcendé par la direction d'acteur, la réalisation et la photographie de Steven Soderbergh. Les dix épisodes de cette première saison comme ceux de la seconde sont tournés sous sa direction. Visuellement la cohérence de l'ensemble est totale et l'ensemble se lit comme un gigantesque film de cinéma.

Sur le papier il est difficile de réaliser que les créateurs ne sont autre que les auteurs des oubliables Miracle en Alaska ou Le Prince et Moi. Jack Amiel et Michael Begler ont composés ici des dialogues affutés comme des scalpels en brassant avec une aisance aérienne des thèmes aussi pesants que l'obsession, l'addiction, et le racisme. Chaque personnage ici se débat avec ses propres démons et tous dévoilent la savoureuse complexité du genre humain. De son admirable entêtement à grandir jusqu'à son goût immodéré pour l'avilissement et l'autodestruction. "Inquiétante étrangeté" de l'être. The Knick, c'est la vie, l'amour, la mort, dans une symphonie ou les artistes ont les mains dans la chair et le sang. Le spectacle est toujours surprenant, parfois insoutenable, mais d'une intensité et d'une humanité admirables.

knick1.png

 

Leçon d'histoire car savamment documentée, The Knick offre au spectateur averti une authentique expérience sensorielle. Un choc cinématographique proche de la démarche Kubrickienne d'un Paul Thomas Anderson façon The Master ou There will be Blood. Le cinéphile gourmand et un minimum exigeant se régalera de ce sens aigu de l'atmosphère et du travail photographique admirable réalisé par le virtuose Soderbergh sur le cadrage, l'éclairage et le découpage jusqu'à la vigueur du montage. Une mise en forme visuelle et sonore qui se risque à toutes les audaces. À l'image des aventuriers qui habitent ce récit profond, violent, étrange et vibrant.

J'oubliais de préciser, The Knick vient de dépoussiérer pour toujours le film en costumes.

 

 

 

 

 

 

 vlcsnap-2014-08-09-19h55m08s26.png

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Doctor Thackery and Mister Hyde

KNICK-22.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 the-knickM247261.jpg

 

 

 

 

 

 

The Knick, saison 2

 

 

 

 

 

 

 

 

2048x1536-fit_actrice-eve-hewson-serie-the-knick.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

132062_front.jpg

 

 

 

 

THE KNICK

2014 -

10 X 52 mn

LE BLU-RAY : Dans le domaine de l'expérimentation visuelle,  le travail admirable de Steven Soderbergh (tournage sur Red Epic Dragon) mérite le meilleur du traitement Blu-ray. C'est le cas ici. Hormis quelques "palpitants" fourmillements dans les scènes sombres, l'image de The Knick est à coeur ouvert. Un piqué forcément chirurgical et un sens du détail clinique. HD addictive!

Creators:

,

 

 

 

 

 

The-Knick-S01E02d.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

Si vous avez aimé ça vous aurez forcément hyper envie de voir la suite:

 

51aYdoVKTqL._AC_US160_.jpg

 


11/01/2016
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi