LES CHRONIQUES CINÉ DE FRANCISCO & CO.

LES CHRONIQUES CINÉ DE  FRANCISCO & CO.

SPOTLIGHT, rien que la vérité

DRAME                                                  BLU-RAY

TOM McCARTHY

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Carré, efficace, sans musique tonitruante ni effets ravageurs. 

Voici un film affrontant dignement un sujet effrayant, universel et intemporel : L'éternel fléau de la pédophilie en milieu clérical. Du vrai cinoche de combat et un hommage sincère à tous les bons journalistes. A l'heure où tout le monde tape sur cette profession il est bon de rappeler que les pays où les journalistes ne s'expriment plus s'appellent des dictatures. La presse people et les gogos à GoPro, ne doivent pas faire oublier le travail de fond de ces Justes, engagés à faire exploser la vérité. En deux heures Spotlight rend compte admirablement de la rigueur et des sacrifices que ces longs travaux d'investigation impliquent. Recoupements et vérifications des informations, centaines d'heures passées à recueillir les témoignages et la ténacité nécessaire à l'obtention de pièces majeurs d'un dossier volontairement mises de côté par les autorités judiciaires pour couvrir l'institution religieuse. Un travail de titan qui, en 2002, a permit à des centaines de victimes de voir dénoncés à la Une du Boston Globe les crimes de plus de 80 prêtres pédophiles sur le diocèse de Boston, couverts par le silence du cardinal en place. Bravo pour l'hommage. Il fallait que ce fim existe.

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Merveille d'écriture, le scénario sait évoquer jusqu'aux aspects le plus douloureux de l'enquête journalistique sans jamais se laisser dévorer par le pathos de la situation. Les premiers témoignages bouleversent mais très vite la rigueur du travail reprend le dessus et nous suivons ce groupe de personnes accomplir la levée du silence. Un travail au service de la vérité dont le mécanisme ne cesse de passionner. Un à un, les barrages cèdent et l'évidence s'impose. Au terme de l'enquête, la vision des premiers camions du Boston Globe filant vers la ville, juste avant l'aube, pour distribuer la vérité sur l'abominable scandale reste une image magnifique.

Dès les premiers plans de rotatives un authentique sentiment de libération et de justice nous envahit. Ils ont fait le boulot, se dit-on, après avoir accompagné tous ces acteurs épatants défendant leurs personnages avec conviction. Là encore, la sobriété reste de mise. La présence discrète mais essentiel, d'un Liev Shrieber impérial en rédacteur en chef guidant ses troupes avec calme et détermination, résume autant l'humanisme du propos que la qualité de la direction d'acteur. Côté réalisation, Tom McCarthy fait aussi le job. Mais sagement. Spotlight ne veut pas être un chef d'oeuvre du septième art, juste un bon film au service d'une bonne cause. ( Sur un plan purement cinématographique l'oscar du meilleur film est totalement surréaliste, le cadre et le découpage ne dépassant jamais celui d'un épisode d'une bonne série télé ) Alors certes, ce n'est pas du Fincher, mais l'humilité de la mise en scène est en accord avec la rigueur de la démarche. On peut malgré tout relever l'hommage aux grands films de presse, avec cette photographie "à grain" très seventies, clin d'oeil au Hommes du Président et nostalgie d'un temps ou l'on allait aussi au cinéma pour apprendre.

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Juste avant que le générique de fin apparaisse, Spotlight n'oublie pas de nous rappeler que le travail de journaliste, aussi rigoureux soit-il, ne se substituera jamais au travail de la justice. La vérité éclate mais ne triomphe pas toujours. Simple rappel des faits, sur fond noir. Après l'explosion du scandale, le cardinal Law, à qui l'on reprochait d'avoir couvert des années durant les agissements des prêtres pédophiles, démissionna. À peine deux ans plus tard il fut nommé archiprêtre de la basilique Sainte-Marie-Majeur, au coeur du vatican. Suit une liste de villes, partout autour du monde où de tels scandales ont éclatés. Vous n'aurez pas le temps de la lire. Peu importe, elle n'est pas exhaustive...

 

 

 

 

 

 

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Journaliste : le plus beau des métiers

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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SPOTLIGHT

2015

2H05

LE BLU-RAY : Un fin voile de grain très seventies pour un transfert hd riche en détails et texture. L'ensemble n'est pas là pour claquer ni briller. La HD fait le job sobrement mais avec élégance.

Director:

 

 

 

 

 

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15/06/2016
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