LES CHRONIQUES CINÉ DE FRANCISCO & CO.

LES CHRONIQUES CINÉ DE  FRANCISCO & CO.

SPECTRE, James Bond Requiem

ACTION                                              BLU-RAY

SAM MENDES

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C'est marrant, cette manie que j'ai, d'acheter des films que la plupart de mes potes ont limite conspué.

Ouais,  tu vas voir c'est super bof.

-  Dix fois moins bien que Skyfall !

-  Trop naze, putain...

-  Il est où l'enjeu, hein ?!, il est où l'enjeu ?!!!! Y'a pas d'enjeu !!!

-  Hé, Francisco, sois pas con, attends une opé, avant d'acheter le Blu-ray...

Hé bien, j'vous le donne en mille, fort de ses savants conseils,  j'ai fait l'acquisition à plein tarif du superbe collector Steelbook Blu-ray du bien nommé Spectre... Quand je dit "bien nommé" c'est que, oui, nous tenons bien ici un film-fantôme. Ce métrage a un peu de mal à exister mais, vous savez-quoi ? je ne regrette absolument pas mon achat.

 

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Déjà, ce n'est pas dix fois moins bien que Skyfall, mais juste deux ou trois fois. Toujours meilleur que le laborieux Quantum of Solace. Côté image, la photographie est loin de rivaliser avec celle de Roger Deakins dans Skyfall et du coup le film s'affiche, visuellement, un cran en dessous. Mais, soyons bien d'accord, de superbes plans s'affichent ici et là, servis sur un Blu-ray aux prestations techniques irréprochables.  Non, le problème c'est que tout ça se traîne un peu, même si c'est beau quand même.

Ce qui pêche c'est le scénario. James Bond, condamné par essence à recycler toutes les vieilles recettes du cinéma d'espionnage, s'est rajouté ici des fers au pied. Spectre incarnant l'ennemi définitif, on nous vend ici un opus censé rassembler toute la Daniel Craig saga  depuis Casino Royale. Rien que ça. Le métrage nous chuchote en permanence que l'on touche à la fin du voyage. Les indices et les allusions aux méchants précédents surgissent alors tout au long du film. Du générique (bien kitsch) jusqu'au final un peu raté.  Tout ça est balancé un peu à la va-comme-j'te-pousse et le film ne parvient jamais à décoller vraiment à cause de ce parti-pris scénaristique totalement improbable, franchement lourdingue, artificiel et... naze.

Mais, en ardent défenseur des films conspués, j'ai apprécié, voir savouré, l'ambiance qui habite cet étrange ensemble. Un doux parfum de nostalgie, sentiment de fuite du temps, que le personnage de la James Bond girl quinqua incarnée par la délicieuse Monica Belluci exprime à la perfection. Cette veuve pas si joyeuse, disparait, hélas, bien vite dans les limbes d'un scénario vide-grenier. Elle sera remplacé par la cinématographiquement omniprésente Léa Seydoux, clairement limite en bébé femme fatale.

 

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Heureusement, parce qu'il y a un toujours un heureusement chez Bond, Sam Mendes est aux commandes et ce déceptif parcours se fait en première classe. Rien que pour vos yeux, c'est pas du Deakins certes, mais ça reste assez royal. On fait son petit tour du monde. Les décors ravissent et les scènes d'action et de combat sentent bien la savate qui bastonne et la poudre, le tout emballé sans effet de montage épileptique mais avec une totale maitrise coté découpage technique. La franche baston entre James et le maousse Dave Bautista envoie du lourd. Voilà pourquoi je m'y suis senti quand même très bien dans ce grand Bond un peu raté. Comme dans ce train aux allures d'Orient-Express qui traverse le centre du film.

On découvre dans Spectre une louable intention de partir un peu en fugue, d'appuyer sur le charme, le mystère et l'atmosphère plutôt que de rester en permanence au volant d'un bolide rugissant. Il faut dire que James Bond est de nouveau amoureux. Après Eva Green c'est la jeune Léa Seydoux qui rame comme une folle pour en ramener un peu coté charme trouble et présence vénéneuse. Sur ce plan Eva reste bien la seule et l'unique. Reconnaissons également que le rythme, totalement erratique, n'est pas franchement soutenu par une vraie présence maléfique. Spectre est ici un méchant d'opérette. Christoph Waltz, qui bénéficie pourtant de mon estime éternelle depuis Inglorious Bastards, est ici en totale roue libre. Son cabotinage un peu fatigué ne trompe personne. L'ennui se lit dans le fond de son regard. Pour l'ennemi définitif, on repassera.

Au final, Spectre est pour moi un drôle de truc assez fascinant. Toujours cent coudées au-dessus du tout-venant. Dignement spectaculaire. Pas question, donc, de revendre mon Blu-ray. Au-delà d'un déroulement totalement fantomatique de l'intrigue, c'est cette idée d'un "monde d'avant" condamné à disparaître qui m'a séduit dans Spectre. Un propos affiché d'entrée, grâce à cette somptueuse ouverture entraînant le spectateur au coeur d'un Mexico célébrant la fête des morts. Le ton est donné. On a clairement, ici, l'impression d'assister au dernier James Bond. Après dix ans de bons et loyaux service, il semblerait logique que Daniel Craig tire ici sa révérence. Spectre n'est sans doute que l'ombre d'un James Bond idéal mais ce nébuleux baroud d'honneur reste un élégant et mélancolique hommage au mythe.

 

 

 

 

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Respect du cahier des charges

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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SPECTRE

2015

2H30

LE BLU-RAY : Si on ne retrouve pas la précision redoutable de la photographie de Skyfall, Spectre affiche, dans un Steelbook du plus bel effet, son lot de superbes ambiances dorées, nuits profondes et plans d'ensemble fourmillants de détails. Tout est parfaitement en place sur ce transfert HD quatre étoiles. 

Director:

 

Writers:

  (screenplay),  (screenplay) | 6 more credits »

 

 

 

 

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29/04/2016
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