LES CHRONIQUES CINÉ DE FRANCISCO & CO.

LES CHRONIQUES CINÉ DE  FRANCISCO & CO.

ROOM, seuls au monde

DRAME                                                 BLU-RAY

LENNY ABRAHAMSON

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Comme une petite flamme au coeur d'une nuit profonde et glaciale. Exprimer le beau du cauchemar.

Room c'est un amour fusionnel se déployant dans une cellule. Celle de Ma et Jack.  Une jeune femme et son fils, tous deux retenus prisonniers par un monstre au visage ordinaire. L'enfant est né de cet enfer. Le monde de Jack se résume à cette chambre. La télévision n'est pour lui qu'une fenêtre à histoire. L'extérieur n'existe pas. Mais ce fragile équilibre va se fissurer. Parce que Jack est menacé. Il faut s'évader. Retourner au monde sera aussi une épreuve.

Récit de deux vies qui se sauvent l'une l'autre Room est une oeuvre bouleversante, muette de tous les tambours du thriller. Sobrement, d'une histoire sordide, Lenny Abrahamson fait éclore un douloureux poème. Emma Donoghue a signé l'adaptation de son propre roman. Une écriture sans scories ni pathos. Le réalisateur lui a donné des ailes. Une intelligence de mise en scène totalement bluffante. Durant la première partie en huis-clos la réalisation découpe l''espace d'une manière admirable. Une manière de jouer sur le gros plan et le hors-champ permettant au spectateur d'épouser la vision de Jack. Une perception où l'imaginaire fait tomber les murs. Le travail sur le décor et la photographie permettent  à ce micro-univers de prendre sa pleine dimension. La chambre abrite un foule de petits objets bricolés racontant tout un passé. On devine les années d'enfermement. Par le Velux le bleu du ciel semble irréel. Vision aussi poétique qu'oppressante. Ce monde est aussi l'antre de l'ogre. La menace est permanente. Qu'elle surgisse ou non, la présence du ravisseur contamine toutes les séquences. Le regard douloureux, lavé de toute illusion, de l'actrice Brie Larson (fabuleuse) suffit à évoquer l'horreur de la situation.

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Mais parlons de l'enfant.

Projet dangereux pour tout cinéaste, le huis-clos aurait pu rapidement trouver ses limites sans son incroyable prestation. Disons le, Jacob Tremblay est prodigieux. On imagine autour de lui une direction d'acteur bienveillante mais le regard et la présence de ce petit génie s'imposent instantanément. Il ne triche jamais. Le naturel de son jeu apporte autant de réalité que de légèreté à ce récit éprouvant. Il est la sève et le tour de force du film. Sans lui Room ne serait pas cet ovni incomparable. Je n'avais pas vécu pareil miracle depuis l'apparition de Haley Joel Osment dans Sixième sens. Impossible de lâcher des yeux ce personnage par qui tout va arriver...

Après une séquence d'évasion particulièrement intense vient ensuite le récit de la reconstruction. Dans ce paysage dévasté que retrouve la jeune femme, ou le noyau familial a explosé sous la pression de l'absence et d'un deuil impossible, l'enfant incarne autant l'espoir que le drame qui brisé toutes ces vies. Dans le rôle des parents j'ai savouré les prestations de Joan Allen et William H. Macy. Leurs regards posent toutes les questions. Quelle femme est devenue Ma? Quelle place accorder à son enfant? Sa présence n'évoquant pour le père que celle du ravisseur. La violence est encore là. Sourde et profonde. Chacun réagira à sa manière. Room enferme ainsi un torrent d'émotions contenues. Cette retenue fait la force du film et préserve d'un bout à l'autre son intensité. Peu de cris ou de hurlements dans cette histoire effrayante. L'enfer raconté sans violence mais avec force et sans naïveté. Lenny Abrahamson a l'élégance des grands peintres face au chaos.

 

- You're gonna love it

- What?

- The World

 

 

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À l'échelle de Jacob

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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ROOM

2015

2H

LE BLU-RAY : Au coeur de ce micro-univers la précision de l'image HD est la bienvenue. La pertinence et la minutie du travail accomplit sur chaque élément décor est ici royalement servie. On peut regretter un chouille de bruit et de pixellisation dans l'image dans les moments les plus sombres de la première partie mais rien de bien méchant. Filmé via la Red Epic Dragon (source 6K) on reste dans du très haut niveau de détail sur une palette de couleurs traitée avec subtilité.

Director:

Writers:

(screenplay), (novel)

 

 

 

 

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19/08/2016
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