LES CHRONIQUES CINÉ DE FRANCISCO & CO.

LES CHRONIQUES CINÉ DE  FRANCISCO & CO.

POINT LIMITE ZERO, Spinaltap à fond la caisse !

ROAD-MOVIE                                       BLU-RAY

RICHARD C. SARAFIAN

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"Vanishing Point", road-movie (in)connu sous le titre français de "Point limite zéro" c'est peut-être pas du grand cinéma, on est d'accord, mais mine de rien, le premier Mad Max, Thelma et Louise ou autre Boulevard de la mort sont tous ses légitimes petits rejetons. Moins culte qu Easy Rider sorti deux ans avant et dont il est le petit frérot à quatre roues, mais culte quand même, de la célèbre Dodge Challenger blanche au personnage mystérieux de Kowalski qui viendra hanter de temps à autre la culture rock underground (d'ailleurs on voit Chris Cornell, le chanteur de Soundgarden et d'Audioslave, rendre un hommage au film dans les bonus du Blu-ray)Un scénario qui tient sur une demi-feuille de marijuana, des cascades un peu moisies, des plans flous, des raccords douteux, bref le sel de ces productions fauchées des années 60/70 qui érigent ces anti-héros contestataires en symboles de la contre-culture américaine parsème allègrement cette longue course-poursuite du Colorado à la Californie.

 

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Quand j'ai regardé le film, seul et lamentablement vautré sur mon canapé en me grattant nonchalamment l'entre-jambe, ma concubine qui entendait le son depuis une autre pièce, m'a dit: "Tu regardes un film de garçons, là." Faut dire que depuis une bonne dizaine de minutes, mon puissant home-cinéma ne beuglait que des bruits de moteurs vrombissants, de crissements de pneus ou de tôles défoncées. Quelques instants plus tard, jetant un oeil à l'écran incurvé de 165 cm de diagonale, elle a aussi lancé: On dirait Shérif fais-moi peur ! Pas faux non plus, on reconnaît aisément l'influence du long-métrage de Richard C. Sarafian sur cette sympathique série créée à la fin des 70's. Bon, ceci dit, une personne de sexe féminin peut éventuellement apprécier ce film. Par exemple, il a du charme, l'acteur principal. Une bonne tronche ce Barry Newman, l'interprète de Kowalski. Une sorte de fusion improbable entre Dustin Hoffman, Novak Djokovic et Starsky sans Hutch.

 

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C'est peut-être pas hyper vendeur comme description... Peu importe, le Kowalski en question, et ben figurez-vous que c'est un putain de rebelle. Un pur et dur. Du genre à pas faire de compromis. Et c'est pas ces demeurés de flics qui vont l'empêcher de rallier Denver à San Francisco en moins de 15 heures, au volant de la Dodge Challenger qu'il doit livrer en Californie. Pourquoi à ce rythme de malade?? On sait pas trop, en fait. Ah si, il a fait un pari avec un dealer, c'est une bonne raison ça, non? On sait aussi que le gars a fait le Vietnam, qu'il a bossé dans la police avant de foutre sur la gueule d'un collègue qui se montrait un peu trop entreprenant avec une petite pépé sur la banquette arrière d'une voiture de service, puis qu'il a été pilote de course. Ah oui, on apprend aussi grâce à un flash-back complètement kitsch qu'il avait une copine blonde baba surfeuse. Une copine à qui il avait dit qu'elle devrait pas surfer l'hiver et qui lui avait rétorqué qu'elle voulait surfer une plus grosse vague pour lui, et que le plan d'après on voit la planche de l'(ex) copine blonde baba surfeuse revenir toute seule s'échouer sur la plage. C'est dingue, ça, elle pouvait pas l'écouter, pour une fois?? C'est pas faute de l'avoir prévenue, merde!

Donc Kowalski est dégoûté de la vie et a plus rien à battre de rien. Il veut juste tracer sa route, à fond la caisse et les flics au cul.

 

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Il emmerde cette Amérique de gens étranges qui chantent dans le désert que Dieu va nous sauver et de types qui ont l'air ni très gentils ni très intelligents et qui viennent tabasser des noirs parce qu'ils sont noirs dans une station de radio. Car Kowalski, il a un super pote black, DJ Super Soul qui relate ses exploits sur les ondes. Enfin, un super pote qu'il a jamais vu, en fait. Il le connaît pas mais il l'écoute tout en bombant à 250km/h aux commandes de sa bagnole trafiquée. D'ailleurs, son super pote l'a jamais vu non plus et il risque pas de le voir: DJ Super Soul est aveugle. Mais on s'en fout car il passe de la bonne zique et qu'il dit que la vitesse de Kowalski est la liberté de son âme.

 

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Et ouais, il est libre comme l'air, Kowalski.

Et ouvert d'esprit, avec ça. Tiens par exemple, il a absolument rien contre les homosexuels. La preuve il dépanne deux types qui tortillent sévèrement de l'oignon en les prenant en stop. Mais quand en guise de remerciements, les deux lascars lui collent un flingue sous son gros pif, le Kowalski il estime que c'est pas des manières. Et là il tape du poing sur la face, façon siège éjectable. Non mais on va où là?? Ce pays part en vrille totale, alors Kowalski il fonce tout droit pour pas être embarqué dans la spirale de la connerie.

Il rencontre quand même des gens cools, tous un tantinet marginaux comme lui: un vieux chasseur de serpent qui lui trouve du carburant, un motard hippie qui lui procure du speed, une jolie blonde dorée par le soleil qui fait de la moto toute nue et qui lui propose de faire un peu de sexualité. Vraiment sympa la nana, quoi. Accueillante et tout. Mais le Kowalski, et ben il décline l'invit', vous le croyez ça??!! Il veut juste une clope, le gars! Bah oui c'est fini le Summer of Love, l'utopie sixties, le flower power, on est en 71, on arrête de déconner, là. Le Vietnam, Altamont, Charles Manson, l'assassinat de MLK, le club des 27, tout ce merdier a plongé l'Amérique dans une certaine obscurité après la fête. Et Kowalski, il veut pas rester immobile. Il veut avancer, même si il a la tête dans le sac. Et rien ne l'arrêtera, pas même une paire de tractopelles collés en travers de sa route. Parce qu'entre les deux engins, il voit de la lumière.

 

Spinaltap,

 

 

 

 

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Coup d'oeil dans le rétro

 

 

 

 

 

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POINT LIMITE ZERO

1H40

1971

LE BLU-RAY :  Une chouette petite restauration. Respect du grain, les flous inhérents au tournage, mais des noirs bien tenus, des couleurs totalement rafraichies et un niveau de détail parfois surprenant. Pour une série B fauchée de 71 c'est de la bonne came. On peut, sans regrets, balancer notre vieille VHS par la fenêtre comme un putain de rebelle!

Director:

Writers:

(screenplay) (as Guillermo Cain) , (from a story outline by), 1 more credit »
 
 
 
 
 
 
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21/03/2016
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