LES CHRONIQUES CINÉ DE FRANCISCO & CO.

LES CHRONIQUES CINÉ DE  FRANCISCO & CO.

PENNY DREADFUL, au Grand-Guignol

SÉRIE                              SHOWTIME via  NETFLIX

Créateur :  JOHN LOGAN

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Si vous aimez le Gothique Victorien bien brumeux, gore, sauvagement érotique et violemment romantique il se peut que Penny Dreadful vienne vous titiller au bon endroit.

Soutenue par le réalisateur Sam Mendes et écrite par mister John Logan ( la plume de petits films fauchés mais non dénués d'intérêt comme Gladiator, Aviator, Skyfall) voici une série qui pourrait bien trouver ici et là le chemin vers le coté obscur et tordu de votre cinéphilie. Si je précise "ici et là" c'est que tout n'est pas parfait. Loin s'en faut. Pour séduire il y a d'abord le faste des décors ( le célèbre théatre "Grand-guignol", ancètre du cinéma gore, entièrement reconstitué!) et une atmosphère vraiment soignée. Sur cette savoureuse reconstitution  se pose l'envoutant regard d'Eva Green en médium joliment corsetée. L'allure princière d'un Timothy Dalton veillissant comme un bon cru. La placidité d'un Josh Hartnett bien déniaisé dans son rôle de porte-flingue échappé des grandes plaines de l'Ouest américain et débarquant, désabusé à souhait, dans le Londres poisseux du 19ème siècle. Les monstres, goules et autres dévoreurs de chair humaine sont plutôt réussis et coté références, elles sont innombrables...

 

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... Et c'est justement là où le bât blesse. Quand les chasseurs de vampires et autres démons croisent le docteur Frankenstein, lequel est harcelé par sa créature, tandis qu'entre deux séances de spiritisme et de possession (séquence involontairement hilarante ou Eva Green nous refait un remake de l'Exorciste en se déhanchant comme une artiste de danse contemporaine sous ecsta) plane dans les faubourgs l'ombre d'un Jack plus éventreur que jamais à moins qu'il ne s'agisse d'un loup-garou... Le bon vieux professeur Van Helsing tente bien d'y mettre son grain de sel, mais pas facile de se faire une place dans cette foire d'empoigne. Surtout lorsque surgit de la nuit un Dorian Gray, genre jeune éphèbe version Twilight, singeant péniblement le dandy cultivé et massacrant laborieusement de magnifiques lignes de dialogues. Il en faut un peu plus dans le regard pour incarner cette brillante déclinaison du mythe de Faust. Enfin, je trouve. Quant au fil narratif, à défaut de nous entraîner dans une spirale vertigineuse, l'histoire à tendance à toussoter. Une expédition nocturne puis on rentre à la maison. Une expédition nocturne... etc.

 

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Mais si je chronique ce sympathique moment de télévision, c'est bien parce que dans le fond, il n'y a pas erreur sur la marchandise. Penny Dreadful fait référence à ces revues horrifiques vendues au prix modique d'un penny et peuplées de créatures monstrueuses et d'égorgeurs particulièrement créatifs. Récits populaires, brassant allégrement tous les genres et faisant le régal des geeks du port de Londres. On retrouve ici cette légèreté. Une sincère envie de s'amuser avec les codes d'une mode littéraire qui alimenta nombre de films de la Hammer jusqu'à l'imaginaire Burtonien.  Au final, même boursouflée et imparfaite, j'aime quand même Penny Dreadful pour cette générosité, cette franche envie de nous divertir et parce que c'est rudement bien filmé, photographié, décoré et le tout sans prétention. Une direction artistique de premier ordre! On y trouve de vrais instants de grâce télévisuelle. De grands et beaux moments de nostalgique épouvante. Cette horreur rétro qui hante l'imaginaire de tous les lecteurs de Shelley, Stevenson, Wilde ou Stocker.

Précisons également que tout est là pour que le show must go on et que la richesse de cet univers devienne de plus en plus digeste au fil des saisons. Ce qui au vu des premiers épisodes de la seconde saison semble se confirmer. Le décor et les enjeux sont bien en place, les personnages gagnent en densité et la mise en scène est toujours aussi soignée.

Try and... enjoy!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES DESSOUS DE PENNY

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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À SUIVRE...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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PENNY DREADFUL  (Saison 1)

2014-

8 x 60 mn

 

 

DIFFUSION NETFLIX :  Une HD riche en détail qui rend grâce à l'exceptionnelle direction artistique, mais ça fourmille parfois sévèrement dans les ombres. Une saison 2 en UHD pourrait nous conduire au paradis de l'horreur.

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22/05/2015
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