LES CHRONIQUES CINÉ DE FRANCISCO & CO.

LES CHRONIQUES CINÉ DE  FRANCISCO & CO.

PAN, bienvenue au pays où l'on arrive jamais vraiment.

FANTASTIQUE                                     BLU-RAY

JOE WRIGHT

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Je vais être très clair, parce qu'en règle générale je n'aime pas dire du mal de Peter Pan.

Je crois n'avoir jamais vu une seule adaptation aussi magique que le dessin animé des Studios de l'oncle Walt. Ce visionnaire a peut-être créé un empire dévorant et envahit notre imaginaire, mais l'adaptation de 1956 cultivait un sens inouï de la féérie... Je n'ai jamais oublié l'état de lévitation dans lequel j'étais, gamin, en sortant de la projection. Comme des millions d'enfants de par le monde, cette petite heure vingt de dessin animé allait fleurir à tout jamais une île bien à moi dans mon crâne et mon coeur de môme. Depuis, aucun cinéaste ne m'a renvoyé là-bas. Le Hook de Spielberg accumulait pour moi les fautes de goût, le Peter Pan de P.J Hogan (2003) était, à l'inverse, trop prisonnier du modèle imposé par Disney. Mais, oui, peut-être ais-je passé la limite d'âge pour retourner facilement au Pays Imaginaire...

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Ici, la recherche éperdue de l'originalité (on chante du Nirvana pour saluer l'arrivée au Pays Imaginaire) la débauche de décors tous plus gigantesques les uns que les autres, la fluorescence des couleurs, et un scénario en forme de grand huit, ont, avec un certain panache, loupé l'essentiel. Cette petite touche délicate de mystère et de poésie qui habille le mythe. Cet enfant qui ne veut pas grandir et qui sommeille en chacun de nous, il faut parfois lui parler doucement, lui fredonner des comptines et tamiser la lumière.  Ici on nous braille un peu dans les oreilles en nous balançant de la poussière de fées en pleine figure.

Et puis, cette histoire des origines. Pourquoi vouloir expliquer quelque chose d'aussi miraculeux que le personnage de Peter Pan?!!! Why ?!? D'emblée, ce pitch cartésien flingue la magie. Et pourtant, l'ouverture Londonienne est absolument splendide. L'orphelinat, le rapt des enfants par les pirates, l'envol au dessus de la ville au milieu des avions bombardant la ville sont emballés avec une putain de maestria. Le comble étant que dès l'arrivée au Pays Imaginaireen la pesanteur, rapidement, s'installe. Attention, je tiens quand même à saluer l'effort d'avoir construit de nombreux vrais décors.  Tout ici n'est pas en CGI! Précisons que Joe Wright est un esthète. Reviens-Moi et son Anna karénine m'avaient visuellement bluffé. Côté photographie, ici aussi son chef op attitré, Seamus McGarvey associé à John Mathieson (celui de Ridley Scott) ont fait du bon boulot. Mais la belle image ne fait pas un film. Comme je l'évoquais plus haut, tout ceci explose, braille et s'agite dans tout les sens pour... pas grand-chose.

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Et pourtant, le petit mec qui joue Peter est épatant. Une bouille. L'air futé et des expressions pleines de malice. Face à lui, Hugh Jackman, dans le rôle de Barbe Noire,  arrache même la plus belle scène du film lorsqu'il révèle au jeune Peter sa peur panique de la mort. Se lit dans son regard toute la détresse des adultes qui ne veulent pas vieillir. On se dit d'ailleurs à cet instant que l'on tient là quelque chose de profond mais très vite le grand huit repart avec ce côté braillard et "toujours plus"franchement épuisant. Le tout étant arrosé d'une musique envahissante dont on est, en plus,  infoutu de fredonner la moindre mélodie au terme du film. Une vraie B.O de galérien. Ce qui pêche c'est aussi la présence transparente de Rooney Mara, totalement absente et décalée dans son costume flashy de Lily la tigresse. Une erreur de casting assez ahurissante. Un peu comme si j'avais décroché le rôle principal dans un biopic sur Nijinski.

Et puis il y a Crochet. Dans ce film, vous le savez sans doute déjà, il n'est pas encore capitaine et il est super copain avec Peter. Une idée "originale", en somme. C'est Garrett Hedlund qui s'y colle (excellent acteur au demeurant, parfait dans Sur La Route). Le responsable des costumes lui ayant refilé les fringues d'Indiana Jones, le gaillard se sent alors obligé de la jouer façon Harrison Ford de la grande époque. D'où, comparaison. D'où, forcément, échec.  Improbable, sans consistance, son personnage est impossible à défendre. Le Garrett fait le maximum. Il roule des yeux pas possible, va chercher son plus beau sourire et sa voix la plus virile, mais rien n'y fait, son capitaine Crochet n'existe pas. Ainsi, accompagné par deux fantômes, ce Peter Pan se retrouve bien seul pour défendre cette énorme production. ( On ne connaitra d'ailleurs jamais la raison pour laquelle Peter et Crochet deviendront d'inséparables ennemis, l'échec cuisant du film ayant condamné tout espoir de suite)

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Pour finir et calmer le jeu je précise tout de même que, Joe Wright n'étant pas un manchot, le film réserve, de beaux instants. Cette ouverture magistrale et quelques survols bien chiadés. Pan a les moyens de plaire aux enfants. On ne s'ennuie jamais complètement, les effets visuels sont franchement aboutis, et l'ensemble peut être vécu comme divertissant.

Non, en fait, ce qui fait un peu mal ici, c'est que l'on est en train de parler de Peter Pan, man. Un truc de ouf. Un mec censé te donner envie de jeter ton téléphone portable par la fenêtre, de brûler tes factures, de coller ta démission, de prendre ta petite fée par la main et de t'envoler vers "la deuxième étoile à droite et tout droit jusqu'au matin".

 

 

 

 

 

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PAN

2015

1H50

LE BLU-RAY   Pas testé en 3D, qui paraît-il est formidable, mais le résultat en HD est de toute beauté. Un premier quart brumeux et pastel, une arrivée plus rugueuse dans les mines de Barbe Noire puis les couleurs explosent dès la fuite au coeur du pays imaginaire. Visuellement, rien à dire, la balade vaut le détour. Le décors jouissent d'un niveau de détail réjouissant.

Director:

 

Writers:

  (characters)

 

 

 

 

 

 

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22/04/2016
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