LES CHRONIQUES CINÉ DE FRANCISCO & CO.

LES CHRONIQUES CINÉ DE  FRANCISCO & CO.

MONSIEUR FLYNN, I'm a survivor!

DRAME                                                     BLU-RAY

PAUL WEITZ

 

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Jonathan Flynn -  "America has produced only three classic writers - Mark Twain, J.D. Salinger and me. I'm Jonathan Flynn. Everything I write is a masterpiece. And soon, very soon, I shall be known."

Il y a trois ans, un beau petit film passait tranquillement inaperçu. Monsieur Flynn (Being Flynn), solide chronique sur les difficiles retrouvailles entre un père et son fils. Une histoire vraie, puisant toute sa matière dans le récit autobiographique de Nick Flynn, "Another Bullshit Night in Suck City". Écrit et mise en scène pour le grand écran par Paul Weitz (sans doute animé par l'envie de s'essayer à autre chose que ses célèbres comédies et feel-good movies comme American Pie ou Pour un Garçon) ce récit poignant évoque ici la figure d'un jeune homme peinant à exister, écrasé par l'absence d'une mère n'ayant pas trouvé le courage de vivre et l'ombre d'un père fantomatique, socialement perdu, homeless au prise avec ses démons.

Conquis par le script, Robert De Niro quittait enfin ici les comédies ridicules, tristes polars et autres thrillers oubliables dans lesquelles il s'autoparodie depuis presque 20 ans, et s'imposait de nouveau comme un immense comédien dans le rôle difficile et peu aimable de Jonathan Flynn.  Totalement investi dans l'incarnation de cet écrivain raté, rongé par la colère et la folie, errant de foyers d'accueil en chambres miteuses jusqu'aux nuits sans-abris. Psychologiquement au bord de l'abîme mais toujours debout, ce personnage fait face à la présence délicate de Paul Dano tout en finesse, interprétant à la perfection ce jeune homme aussi courageux que fragile, peinant à trouver la bonne distance face à son ogre de père.

 

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De grandes scènes illuminent ce film, ou brille également la présence de Julianne Moore. Monsieur Flynn est pour moi le meilleur rôle de sir Raging Bull depuis Heat et Casino. Rien de moins. Même si la réalisation n'est pas flamboyante (le propos ne s'y prête pas) l'image est soignée. Le Transfert Blu-Ray permet d'ailleurs de savourer la délicate photographie de Declan Quinn (Leaving Las Vegas, In America) qui emballe proprement ce blues garanti sans guimauve. Parfois dur, souvent rugueux, Monsieur Flynn reste tendre mais ne cherche jamais à être séduisant. Récit âpre et sans concessions sans envol de pathos ni violons larmoyants. Le récit suit sa ligne en évitant les clichés du genre. Une démarche naturaliste louable de la part du réalisateur et scénariste Paul Weitz.

Monsieur Flynn est un film d'une profonde sincérité, dans la droite ligne des dérives urbaines des années 60 et 70 comme Le récidiviste ou Macadam Cowboy. Un genre suffisamment déserté aujourd'hui par le cinéma américain pour que ce genre de tentative soit aimablement réhabilitée. Notons, à ce propos, l'Hommage sympathique en ouverture du film au cultissime Taxi Driver. Fleuron du film de "loser" dans sa plus grandiose expression.
Le message est clair : Le cinéma doit rester au plus près de la vie et De Niro sera toujours De Niro !

A redécouvrir, donc.

 

 

 

 

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Making Flynn

 

 

 

 

 

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MONSIEUR FLYNN

2012

1H40

LE BLU-RAY : Si l'on oublie cette affiche absolument immonde (comment plomber un film d'entrée de jeu), voici un transfert Blu-ray de très belle facture qui permet de savourer la photographie particulièrement soignée de ce blues garanti sans guimauve. (Trouvable en DVD à moins de 5 euros et en Blu-ray à moins de 10...)

Director:

Writers:

, (book)
 
 
 
 
 
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20/11/2015
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