LES CHRONIQUES CINÉ DE FRANCISCO & CO.

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LOVE & MERCY, la vie de Brian

DRAME                                                    BLU-RAY

BILL POHLAD

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- I want you to leave, but I don't want you to leave me!

 

Droit au coeur.

Producteur avisé d'oeuvres "à l'âme profonde" comme Into the wild, Brokeback Mountain, The tree of life ou encore Twelve years a slave, Bill Pohlad a donc produit et réalisé ce courageux biopic. Une rencontre avec l'homme qui a surfé sur toutes les harmoniques de la pop, amené les animaux en studio d'enregistrement, le génie des Beach Boys devenu l'ange tourmenté Brian Wilson.  Si l'on cherchera en vain le génie dans une mise en scène aux cadres soignés, la passion qui se dégage de ce sincère morceau de cinéma force le respect. En restant humble et toujours dans les pas de l'homme, Pohlad réussit son hommage.

 

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Love & Mercy est porté par une direction artistique de premier ordre, une photographie luxueuse de Robert Yeoman (le type qui éclaire les petites merveilles de Wes Anderson, c'est lui) un scénario d'une grande limpidité signé Oren Moverman (scénariste et réal des puissants Rampart et The Messenger) et deux immenses acteurs, le jeune et intense Paul Dano (There will be blood, Little Miss Sunshine) et un John Cusack (Les arnaqueurs, Dans la peau de John Malkovich) bouleversant de fragilité. Tout deux défendant le même rôle avec la même délicatesse et une profondeur de jeu égale. Aussi bien au plus profond de la dépression que dans les moments d'euphorique créativité. Le coté Love and Mercy du film est lui soigneusement défendue par la douce et tendre Elizabeth Banks (Seabiscuit) dans le rôle de celle par qui le miracle arrive : Melinda Ledbetter. C'est elle qui affrontera un Paul Giamatti (Sideways, Le monde de Barney) délicieusement inquiétant dans le rôle du psy égocentrique et manipulateur Eugene Landy.

 

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Avant de revenir sur celui qui dans les années 80 plaça Brian Wilson sous son entier contrôle, saluons la construction admirable du scénario d'Oren Moverman. Une vie en deux temps, à deux visages. le génie de la pop et l"homme qui plongea dans les ténèbres. D'une époque à l'autre les transitions se font sans heurts et l'on voyage bien au coeur d'une seule et même âme. Une âme déchirée. Celle d'un esprit touché par le génie mais rongé par le doute et une insondable soif de reconnaissance. Une exigence artistique à la hauteur de sa peur de l'échec. Fragilité alimentée par la figure écrasante d'un père autoritaire et violent. Figure tutélaire castratrice qui s'incarnera de nouveau dans celle du psychologue Eugene Landy.

Trajet d'une vie portée par l'inspiration la plus débridée et marquée au fer de l'oppression mentale la plus radicale. Comme un second père, Landy a sans doute aimé Wilson à sa manière avant de basculer dans sa folie du contrôle. C'est lui qui le remit debout après les trois années que le prométhéen compositeur passa au fond de son lit. Terrassé par l'angoisse et la dépression. Tous ces moments apparaissent d'autant plus douloureux que la magie des séances d'enregistrement joue à plein. Celle du sublime album Pet Sounds tournées dans les studios EastWest d'origine! Des moments criants de vérité et totalement exaltants pour tout spectateur sensible à l'avant-garde des sixtees. Je ne parle même pas de l'accouchement de ce tube absolument miraculeux : Good Vibrations. Grand pied. Paul Dano a donné de la voix sur plusieurs morceaux et le résultat sort du cadre. Instant de grâce du premier morceau joué au piano.

En cela j'aurais aimé que tout ce talent s'exprime dans une mise en scène un peu moins appliquée et un peu plus débridée. Mais je ne bouderai pas plus longtemps mon plaisir. Celui d'avoir passé deux heures en compagnie d'un grand brulé de l'histoire de la musique. L'histoire d'un ange sauvé par un ange.

 

 

 

 

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Good Vibrations

 

 

 

 

 

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LOVE & MERCY

2014

2H

LE BLU-RAY : Étincellantes et gorgées de détails, les images resplendissent sur ce sublime transfert Blu-ray qui n'oublie pas de nous lustrer l'ensemble de cette merveilleuse patine argentique que la VOD peine tant à nous offrir. Un top-démo grande classe. Belle amplitude sonore.

Director:

Writers:

, (as Michael Alan Lerner) | 1 more credit »

 

 

 

 

 

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26/01/2016
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