LES CHRONIQUES CINÉ DE FRANCISCO & CO.

LES CHRONIQUES CINÉ DE  FRANCISCO & CO.

LES SEPT MERCENAIRES, c'est Nico qui régale !

WESTERN                                                   BLU-RAY

JOHN STURGES

Tout là-haut, au Valhalla du western... Voici la toute première, poilante, glorieuse et monumentale chronique de copain Nico ! Welcome on blog et bonne lecture à tous !!!

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Tout a été dit, tout a été écrit au sujet de ce film « classique » :
C’est évidement le remake des 7 samouraïs (1954) le chef d’œuvre d’Akira Kurosawa. C’est, bien sûr un film éminemment politique, sur la fierté des mexicains, sur la révolte du monde paysan (encore ?!!), sur la soumission des peuples, une allégorie probable du socialisme etc…

C’est le premier « vrai film » de petits jeunes à fort potentiel : Steve Mc Queen, Charles Bronson, James Coburn, Robert Vaughn, Brad Dexter, Eli Wallach, Horst Buchholz…

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La séquence de « la fête au village » a été tournée pendant la vraie fête du vrai mariage du vrai Yul Brynner et de sa vraie femme Le tournage n’a pu se faire au Mexique qu’à la seule condition que l’équipe accepte sur le plateau la présence de deux huissiers chargés de vérifier que rien ne nuira à l’image du peuple mexicain. (Du coup les paysans sont toujours vachement propres sur eux, même si ils sont tout de blanc vêtus, même si ils bossent dans les champs, même si il fait 70 degrés à l’ombre pendant l’été mexicain….propre j’vous dis, plus blanc que blanc !)

En effet, dès le début du tournage Yul  Brynner a dû faire comprendre aux gamins bouffis de testostérone que c’était lui le taulier, en commençant par Steeve Mc Queen et Charly Bronson qui faisaient tout pour capter l’attention de la caméra, ambiance jeunes coqs en compétition.
Pour l’anecdote Yul le boss les a juste menacés d’enlever son chapeau sur toutes les scènes : parce que c’est vrai qu’avec son crane « monsieur propre », quand il enlève son chapeau on ne voit plus que lui…..presque on entend plus que lui aussi…. En même temps il a un peu de charisme aussi le pépère !!! Méthode efficace, il a calmé tout le monde et tout est rentré dans l’ordre. Bref des anecdotes, des références, des interprétations on pourrait en écrire toute la nuit…. Mais est-ce vraiment important ? Est-ce vraiment intéressant ? Je vous le demande !!!

Mais NAAAAAANNNNN !!! On s’en fout !!!! Ce qui compte c’est ce qu’il y a dans l’assiette mes amis !!!Parce que l’histoire du légume c’est bien, mais manger sans se poser de question c’est mieux !!! (Analogie culinaire qui vaut ce qu’elle vaut et dont je ne suis pas très fier….) Et quel légume les copains !!!! (ok j’arrête !) Au-delà de son histoire et de toute considération cinémato-politique, « The Magnificent Seven » c’est surtout le film le plus badass du monde !!!!!!!!!!!

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L’histoire : des paysans mexicains se font racketter tous les ans à la même période par les même bandidos et leur chef super à l’aise et sans scrupules.  Mais cette année ils en ont marre et décident d’embaucher des mercenaires pour ne plus se faire faucher leur récolte ou le pognon de la récolte. Justement le pognon ils en ont pas des tas, du coup ils n’embauchent que 7 mecs… C’est pas assez mais ça tombe bien, 7 c’est quand même un chiffre magique : les bottes de 7 lieues, blanche neige et les 7 nains, les 7 doigts de la main…. Mais comme ils n’y connaissent rien en mercenaire, ils commencent par en trouver un (Yul Brynner) qu’ils chargent de recruter les autres. Evidement il y arrive, tout ce petit monde repart au village, ce qui devait arriver arrive : baston à tous les étages….. et je ne vous spoile pas la fin au cas ou quelques chanceux parmi vous ne l’auraient pas encore vu. Je vous l’accorde le scénar n’est pas complètement dingue et plutôt classique même. Mais son traitement mes amis…. !!!!

Déjà Yul Brynner a 40 ans, il est au sommet de son art, ses origines russes mongoles lui donnent, en cowboy, ce coté super énigmatique du gars que personne ne sait d’où il vient ni même ou il va ;-) et quand il ouvre la bouche ….. c’est juste incroyable….cette voix de ouf !!! En V.O. bien sûr, des que le Yul se met à causer son personnage devient immédiatement iconique : la sensation qu’il n’y a pas eu de héro et encore moins de chef avant, qu’il ne peut plus y en avoir après. Quand il se déplace c’est pire : le déhanché viril et sensuel, pour ne pas dire sexuel, souligné par la ceinture du colt le transforme en cowboy définitif. En plus, il est habillé tout en noir des bottes au chapeau, pour être sûr de tout défoncer à l’écran, et EN PLUS il apparait dans une scène mythique de bravoure qui dénonce au passage le racisme historique des américains envers les indiens d’Amérique, EN PLUS c’est dans cette même scène qu’il rencontre le personnage de Steve Mc Queen et EN PLUS, accrochez vous, c’est la première scène du film…..

Vous êtes encore vivant ? Parce que ça n’est que le début !

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Et le truc de dingue c’est que tous les personnages ou presque ont à peu près la même épaisseur, le même magnétisme : Le sportif en quête d’absolu qui manie aussi bien le couteau que le six coups, l’aventurier en quête d’une nouvelle….. aventure, le guerrier froid en manque de thune, le porte flingue trouillard en planque, le bon pote qui croit que ça cache un bon plan, le p’tit jeune fasciné qui veut rentrer dans le clan des badass et le méchant le plus fabuleux, le plus tordu, drôle, flippant dégoulinant et attachant de toute l’histoire du cinéma campé par un Eli Wallach hallucinant.
Le tout sur fond de Mexique instable et de fin de guerre de sécession. Certains de ces mercenaires sont d’ailleurs d’anciens militaires démobilisés, désœuvrés et  désabusés et quête d’oubli et peut-être même de rédemption.
Chaque personnage est épais, chaque personnage existe à l’écran et surtout chaque personnage va évoluer au long du film. En immersion dans ce village de paysans avec cette bande de potes improvisée, chacun d’entre eux va se trouver profondément changé, chacun devant se confronter à ses propres failles personnelles, existentielles et même raciales (le personnage de Horst Buchholz tente de cacher qu’il est lui-même issu de la paysannerie mexicaine, celui de Charles Bronson qu’il est métisse blanc/indien) Ils vont tous accéder de nouveau à leur humanité perdue, certains vont découvrir l’amour d’autre en mourir…. carrément !

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C’est vrai, tous les codes du western sont respectés, mais mieux que ça, ils sont compris et transcendés : le héros solitaire est d’autant plus dramatiquement solitaire qu’il est au milieu des hommes dans un village, et qu’il est entouré que par ses alter ego, 6 autres mercenaires qui lui renvoient sa propre image comme un miroir, une situation explicitement cristallisée par la scène de dialogue : « si tu deviens comme nous tu n’auras pas d’ennemis, mais tu auras une vie de merde… » (je résume).
Le duel est d’autant plus violent que son enjeu ne se limite pas à une simple rivalité, à son honneur ou à sa fierté, cette fois ci l’enjeu c’est la survie du pauvre, du faible, de la famille, de la morale, du juste. Il ne va pas se jouer à un contre un au milieu de la grande rue, mais à 7 contre une légion de fusils. Un duel sous forme de bataille épique, plus balaise que 300 spartiates faces aux perses dans la bataille des Thermopyles.
Le tout avec une sensualité et un coté libidineux totalement assumé : le regard de Steeve Mc Queen sur les arrière trains des lavandières, la promiscuité de mecs virils et transpirants et surtout cette réponse coup de poing dans le ventre du personnage de Yul Brynner au sujet des femmes du village : un paysans lui explique qu’ils ont caché les femmes aux mercenaires au cas une furieuse envie de viol collectif se ferait sentir.
Sa réponse : on l’aurait peut-être fait (le viol) mais vous auriez au moins pu nous accorder le bénéfice du doute ! BIIIMMM !!!! (Petit rappel : 1960, Amérique puritaine, western, marlboro, symbole de l’amérique…)

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Et la musique ?

Je vous en parle de la musique ?

Elmer Bernstein (allez l’écouter un peu plus bas dans la page !!)
Les cadrages énormes, on en parle ? Bon alors le montage dégraissé on en parle quand même !!! Les cascades, les « gun fight », la poussière, les duels dans le duel, les dialogues, le fameux « d’où tu viens, ou tu vas », la silhouette de Coburn, le physique de Bronson, le regard de Mc Queen, la scène du matador de Buchholz ??? Et le fait que ce soit aussi un buddy movie super jouissif ??? A noter que pour les puristes du genre, The Magnificent Seven est probablement le dernier véritable Western de tradition Hollywoodienne avant les Western spaghetti et la naissance cinématographique d’un certain Clint et les « western new wave » façon Jeremiah Johnson, little big man…(vachement bien aussi)

À noter également pour les puristes d’un autre genre qu’Akira Kurosawa a lui-même déclaré à Jhon Sturges que ces 7 Mercenaires étaient mieux que ses 7 Samouraïs (un chef d’œuvre !!!), il lui a même offert un sabre japonais pour le remercier pour son film. Et Toc !!!

En résumé, l’un des meilleurs films du monde.


PS : On a le droit de ne pas être d’accord mais il faut le dire gentiment et loin de moi ou alors vous considérez que vos rotules ne vous sont plus indispensables.


Nico,

 

 

 

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Musique !!!

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Ils reviennent !!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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LES SEPT MERCENAIRES

1960

2H05

LE BLU-RAY :  C'est pas mal. Globalement la copie est plutôt en bon état mais c'est un brin inégal. On passe de plans absolument rayonnants au piqué redoutable à de vagues upscalling mal étalonné et au grain mal digéré. L'ensemble mérite largement la moyenne mais pas une médaille. Soyons très clair : Un film pareil on le prend gentiment, on le caresse doucement, on le restaure image par image et pi on sort un top-démo, ok ?
 Et vu que nous sommes en 2016, prière de nous offrir un beau master 4K. Sinon, ben, on envoie James Coburn régler le problème.

Director:

Writer:

(screenplay)

 

 

 

 

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Envie de partager vos impressions sur ce  film?

Envoyez un texte ou quelques mots.  Ils viendront compléter la chronique !



09/03/2016
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