LES CHRONIQUES CINÉ DE FRANCISCO & Co

LES CHRONIQUES CINÉ DE FRANCISCO & Co

LES ARDENNES, ce pays n'est pas pour les autruches

DRAME / POLAR                                   BLU-RAY

ROBIN PRONT

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Ils commencent vraiment à me plaire les Belges.

En 2011, le glauquissime mais ô combien solide et fascinant polar Bullhead de Mickaël R. Roskam me clouait au fauteuil et révélait au monde un acteur colossal : Matthias Schoenaerts. En 2012 Alabama Monroe de Félix Van Groeningen me broyait le coeur (découvrez Belgica !).

Et voici qu'en 2015 un certain Robin Pront débarque à son tour avec un glauquissime mais ô combien solide et fascinant drame arrosé de polar : Les Ardennes. Une histoire de frangins. Mais plutôt genre liens du sang. Car on sent très vite que les fragiles retrouvailles entre ses deux -là vont rapidement basculer dans le sonore et le mortel. Kenny sort de prison après quatre ans derrière les barreaux. Entre-temps son ex copine Sylvie est tombée dans les bras de Dave, son frère. Sur cette trame de telenovela Robin Pront nous pond une tragédie glaçante sous le ciel bas et lourd d'Anvers.

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Dans ce monde gris Kenny n'a que sa violence pour survivre.

Avec son retour la folie et la violence prennent leurs aises dans un univers de jobs minables, d'horizons barrés et d'amours cachés. Un monde suffocant et poisseux. Noyé de pluie ou plongé dans la nuit. Le réalisateur nous entraine dans une réjouissante spirale de l'échec. Succession démente d'actes irréparables précipitant ces damnés jusqu'au coeur des Ardennes. Une région peinte ici comme l'antichambre de l'enfer. Forêt grises et lugubres abritant la tanière de "l'ogre" Stef. Une douzaine d'autruches échappées d'un élevage auront aussi leur rôle à jouer. Ouais, je sais, c'est noir et un peu dingue.

Les Ardennes est un de ces vrais films évoluant au bord du gouffre. Comme le faisait Bullhead. Depuis que les frangins Dardenne sont passé au désespoir poli Cannois,  on trouve encore des cinéastes pour hurler bien fort et offrir un cinéma qui n'a pas peur de déborder du cadre. Merci Robin d'avoir les couilles d'exposer cette misère ordinaire que notre petit cinéma français semble incapable d'affronter. Et puis, comme pour Alabama Monroe, le film vise très vite le coeur. Au début du film, le discours de Sylvie, au milieu de son groupe de parole, donne le ton. Le regard lavé de toute illusion, la jeune femme ( formidable et méconnaissable  Veerle Baetens, l'ex Alabama du film de Groeningen) fait le bilan de sa vie, celle d'une rescapée de la came au destin plombé de mauvais choix. Une vie échouée. Les applaudissements qui suivent la prise de parole résonnent alors sinistrement. Nous avons déjà deviné que cette triste assemblée des oubliés du système ne la protégera pas du pire à venir.

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Et le pire est déjà écrit.

C'est Kenny. Un animal. Sa sortie de prison est filmée d'un rétroviseur comme pour mieux souligner le retour d'un passé que tout le monde préférerait oublier. Même sa mère. Kevin Jansenns, imposante gueule de cinoche venue des séries télé, incarne à la perfection ce loup terrifiant et imbécile, totalement imprévisible et à la merci de ses pulsions. Face à ce bloc terrifiant, Dave garde le silence. Le poids du secret et de la trahison est pesant et l'acteur et co-scénariste Jeroen Perceval traduit d'une manière totalement magnétique ce mélange de peur et de mépris qui le ronge.  La tension du film repose aussi sur son regard de condamné. Il sent que tout va basculer et la musique techno qui fait régulièrement s'emballer le coeur du film est là pour le souligner.

Maitrise du découpage, plans tirés au cordeau, photographie d'outre-tombe, Les Ardennes s'impose aussi sur la forme. Pour son premier long-métrage Robin Pront file droit à l'essentiel et gratte jusqu'à l'os.  1h35 de cinéma d'une puissance hors du commun. Un grand cinéaste est né. A fire will rise!

 

 

 

 Francisco,

 

 

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Natural born director

 

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La chronique de OneLove

 

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j'ai terminé le film littéralement la gueule ouverte comme si j'avais pris un "KO foie", quand tu boxes avec quelqu'un de beaucoup plus fort que toi qui te fait "faire l'ascenseur" et recracher ton protège-dents...
Je n'en reviens toujours pas !.
Quel final !, l'ultra-violence cotoyant la beauté du closing track techno de Flesh and Bones, "Rigor Mortis".
Je m'attendais à quelque chose d'assez hardcore vu les agissements ainsi que la "tête de porte-bonheur" que se coltine Kenny mais quand même pas à ça, "noir et dingue" comme tu dis...
C'est rare qu'un film me fasse cet effet-là, je pense à Bullhead et Alabama Monroe également mais aussi à Victoria (que je te conseille vivement au passage...) pour mes dernières grosses grosses claques en date.
Je n'ai qu'une envie c'est de le revoir au plus vite ce chef-d'oeuvre.
Je suis frontalier avec la Belgique, Anvers c'est quasi la porte à côté et les Ardennes pas beaucoup plus loin non plus...
Ces paysages je les connais bien, ils sont très bien restitués je trouve.
Quant à la bande-son que j'affectionne particulièrement, il faut savoir que la techno fait partie intégrante de notre culture, on a grandi avec, toutefois ici ce n'est pas le strass et paillettes d'Ibiza, pas de David et Cathy Guetta au slogan putassier "F**k me i'm famous !" non, chez nous c'est plutôt du "F**k you i'm infamous !"...
Bande-son en parfaite adéquation avec l'énergie/tension/noirceur véhiculées par le film.

 

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Des Kenny déshumanisés et cocainés ce n'est pas ça qui manque malheureusement et pour en avoir vu de près vaut mieux pas s'y frotter et les fuir au plus vite...
Le "Stef" quant à lui c'est un peu une sorte de "Fourniret sous acides".
Le trans' bien bon également, l'acteur était présent dans Bullhead comme homme de main de la mafia des hormones il me semble...
Veerle Baetens difficilement reconnaissable mais toujours aussi charismatique même en ancienne tox' broyée par la vie dans ce qu'elle offre de plus vil mais qui lutte tant bien que mal pour remonter la pente et s'éloigner de ses démons...
Jeroen Perceval a de la gueule lui-aussi en petit frère (meilleur ami de son partenaire à l'écran depuis l'adolescence ce qui rend la confrontation encore plus juste...).
Certaines situations/répliques m'ont quand même arrachées de nombreux sourires, sans spoiler faut avouer que le sapin de Noël, le "barbecue", les autruches...

 

 

 

 

 

 

 

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LES ARDENNES

2015

1H35

LE BLU-RAY: L'atmosphère est ténébreuse mais le Blu-ray éclatant. Dans le genre noir et glacial c'est top démo. Piqué olympique et niveau de détail chirurgical.

Réalisation:

 

 

 

 

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18/09/2016
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