LES CHRONIQUES CINÉ DE FRANCISCO & CO.

LES CHRONIQUES CINÉ DE  FRANCISCO & CO.

LA RAGE AU VENTRE, Raging Jake !

DRAME                                                     BLU-RAY

ANTOINE FUQUA

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La rage.

Ciment du film et déclencheur  du drame qui va terrasser Billy Hope. Taureau du ring menant ses combat tête en avant et paupières explosées. Avançant sans garde, droit sur l'adversaire. Boxeur se battant comme le môme qu'il n'a jamais cessé d'être. Mais tout va basculer.

Lui l'ex enfant abandonné ayant grandit dans un orphelinat d'Hell's Kitchen va perdre l'amour de sa vie. Maureen. Incarnée par une Rachel McAdams parfaite de tendresse et de détermination. Double positif de Billy. L'ex orpheline ayant grandit aux cotés du boxeur a, elle, surmonté la violence et la colère de l'abandon pour devenir cette belle femme pleine de vie. Résiliente petite fée. Mais la vie ne fait pas de cadeau. Une altercation, un coup de feu et celle qui faisait tenir Billy debout depuis toujours va disparaitre. La scène est déchirante et le film bascule alors dans la cour des grands. Mon ventre restera noué jusqu'au générique de fin. Le boxeur va flinguer sa carrière, perdre sa raison, sa maison puis au terme de sa dégringolade, la garde de son enfant (épatante Oona Laurence dont la maturité de jeu laisse pantois)

Au bout du chemin, un club de boxe de seconde zone. Tick Wills, le vieil entraîneur, sera son dernier espoir.  Magnifique Forest Withaker, parfait bloc d'humanité et d'autorité mélées incarnant à la perfection ce "dernier des justes". Un second rôle de premier plan que ce personnage soignant ses propres blessures en tendant la main au boxeur déchu. Certes, voici encore un récit de rédemption, mais puissamment incarné et totalement viscéral. Ici,  la forme et l'énergie transcendent le genre. L'art de frapper fort et d'aller droit au but s'exerce à son paroxysme, sur les épaules de cette galerie d'acteur bigger than life.

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Comment ne pas saluer encore une fois l'énormissime prestation de Jake Gyllenhaal.

Investi corps et âme dans son rôle. Bloc de colère pure, montagne de muscle, brute au coeur tendre et au regard embrumé. Une silhouette méconnaissable, un  an à peine après l'incarnation 'émaciée' du paparazzi psychotique Louis Bloom dans Night Call. Total et définitif respect, man. Cet acteur caméléon vient à trente cinq ans, d'inscrire un nouveau personnage emblématique à sa passionnante filmographie. L'égal d'un Christian Bale, tant sur l'exigence que sur le risque et l'engagement. Sa préparation physique est à placer au même niveau que la transformation du De Niro de Raging Bull. Le personnage de Billy Hope trône déjà sur mon étagère entre Jake la Motta et le Randy the Ram de The Wrestler. Une galerie de personnages furieusement attachants ayant tous un ennemi commun. Leur propre dragon. ce démon intérieur qui les ronge. Une constante, de Rocky à Warrior. Colère permanente et incapacité à gérer ses émotions qui transforment leurs vies en champs de bataille. C'est la grande force des bons films de boxe. Celle d'offrir avant tout des putains de leçons de vie.

 

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Pour tenir les rênes de ce cheval fou sans se vautrer il fallait un réalisateur taillé pour le job. Antoine Fuquaà fait le boulot admirablement. Direction d'acteur au cordeau, il ne lâche pas ses acteurs d'une semelle. Sa mise en scène offre une précision admirable du cadre et un sens du découpage sans errances. La photographie luxueuse du fidèle Mauro Fiore lustre l'ensemble. Du travail de pro de la première à la dernière image. Nous goûtons là au gratin du cinéma de genre.

Voilà pour la forme. Sur le fond, les tripes et le coeur il faut savoir que le réalisateur pratique l'art de la boxe quotidiennement. Le résultat ne trompe pas.  Porté par la philosophie de la discipline, soutenu par la passion et épaulé par les meilleurs conseillers technique son film transpire l'amour de ce sport. Aucun détail du parcours du guerrier n'échappe au regard du cinéaste. De la vulnérabilité du sportif risquant sa vie sur le ring, jusqu'à ce point de rupture où le combattant lâche les chiens. L'engagement total de l'acteur, entraîné comme un pro, s'ajoute au réalisme saisissant des combats. Fuqua a placé ses caméras tout autour du ring et Jake à joué ses rounds jusqu'au bout.  sans coupures, encaissant et distribuant les pains sans doublure. Le résultat à l'écran est tétanisant et totalement immersif. Droit au but, encore une fois. 

Après l'éprouvant Training Day, le blues déchirant de L'Élite de Brooklyn et l'efficace et sympathique Equalizer, Antoine Fuqua nous offre ici son chef d'oeuvre. Bloc de cinoche rageur et solide comme un roc. Au final, un grand film d'amour.

 

 

 

 

 

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Training Days

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The Fighter

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Jake & Antoine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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LA RAGE AU VENTRE

(Southpaw)

2015

2H

 

 

LE BLU-RAY :   Le bonheur en boîtier SteelBook. Nirvana du Blu-ray "top démo". Précision, niveau de détails, couleurs, contrastes, les caméras Arri Alexa et Red Epic Dragon délivrent le top de l'image numérique. Le rendu laisse K.O. Sur écran UHD, l'upscalling 4K envoie du très très lourd. Grosse amplitude sonore et spatialisation royale. Plein la poire et les oreilles, dans la rage et l'allégresse.

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26/01/2016
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