LES CHRONIQUES CINÉ DE FRANCISCO & CO.

LES CHRONIQUES CINÉ DE  FRANCISCO & CO.

KNIGHT OF CUPS, la traversée des apparences

DRAME/ POÈME                                 BLU-RAY

TERRENCE MALICK

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Malick n'est plus là pour nous raconter des histoires mais pour nous livrer corps et âme au cinéma.

Filmer pour laisser apparaître tout ce que le hasard libère à l'image. Une forme de méditation offerte  au spectateur prêt à se glisser dans ce flux de conscience. Un procédé propice à toutes les fulgurances comme aux temps d'absences où plus rien ne semble faire sens. C'est une expérience à chaque fois unique. Même si, depuis The Tree of Life, des tableaux réapparaissent, comme ces errances au coeur du désert et ces paysages de plages, les paysages et les états intérieurs se complètent et forment, petit à petit, un tout cohérent. La filmographie de Malick n'est qu'un seul et continu monologue. Celui d'un artiste passionnant cherchant la grâce dans la confusion et le chaos du monde. Encore une fois le temps et l'espace sont abolis et les séquences se croisent, résonnent en écho pour déployer une multitude de sensations et une infinité d'interprétations. Toute à la liberté du spectateur. Ni hermétique, ni didactique, le cinéma de Malick n'emporte avec lui que ceux qui souhaitent se perdre dans ces fantastiques puzzles d'une miraculeuse fluidité.

Visuellement, du numérique au fin voile de grain d'un 35mm affuté, tout ici est traité à la perfection. Que l'on adhère ou non à cette méditation, nous sommes bien là sur un sommet de l'expérience cinématographique. Et ce Blu-ray nous offre la dentelle du Transfert HD. Matières, couleurs, piqué, niveau de détail et précision ravissent. Rien ne vient entraver la profonde beauté de cette nouvelle étape dans le grand voyage Malickien.

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J'aime l'expérience. Pour la liberté qu'elle procure. Nous ne sommes plus prisonnier d'une histoire. Malgré les allusions récurrentes aux motifs et figures religieuses, Malick ne se raccroche à aucun dogme et ne livre aucun enseignement. Il ne tire de ces références que la capacité de la conscience à transcender le réel. Aptitude à se repenser et se réinventer sans cesse. Dans Knight of cups, le personnage de Christian Bale, un scénariste en quête de sens, se perd au milieu des nymphes et des chimères d'Hollywood. Les femmes aimées y sont sublimes mais leur présence éthérée, comme insaisissable. Elles semblent n'être que l'illusion de l'amour dans la vie de Rick, auteur muré dans le silence. Personnage muet sur lequel nous pouvons plus aisément projeter alors notre propre égarement. Mais au-delà des séquences de fêtes délirantes et de beuveries chics, Malick ne se contente pas de dénoncer frontalement la vacuité de cet univers ou triomphe l'apparence. Il filme la beauté, même lugubre, qui s'en dégage.

Cinéaste de l'aube et du crépuscule, Malick ne s'intéresse qu'à l'éveil ou les derniers feux du monde. Visions inoubliables de Venice, dorée de soleil. Travellings somptueux le longs des gigantesques périphériques de Los Angeles, tableaux de Vegas, autant de feux d'artifices flamboyants. L'homme est devenu sourd au murmure de son âme profonde mais le salut passera par le regard. Déclaration d'amour au septième art. Knight of cups poursuit ainsi l'errance jusqu'à l'instant de grâce ou tout peut enfin commencer.

Mais ce monde est fragile comme vient le rapeller la séquence du tremblement de terre au début du film. Knight of cups exhibe ainsi un monde fantôme, éphémère, mais toujours fascinant.  Car l'auteur-réalisateur de The Tree of Life n'est pas un coeur sec ni un cynique. L'amour irrigue chaque plan. L'hypnose est totale dans le grand voyage de Malick.  Pour les convertis, dont je fais parti, ses rêveries apaisent l'âme. Son oeuvre traverse le labyrinthe des illusions en suivant toujours le fil de la grâce. Consolateur, le miracle de cinéma qui s'exprime ici, en rassemblant tous les arts de l'écrit, de l'image et du son, ouvre toutes les portes. Il faut juste poser ses valises et accepter de s'engager sur le chemin. Le pélerinage de Malick n'apporte pas de réponses mais il célèbre la beauté en toutes choses. Quelle plus belle manière de se reconnecter au monde.

 

 

 

 

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Dream Team

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KNIGHT OF CUPS

2015

2H

LE BLU-RAY : Du numérique au fin voile de grain d'un 35mm affuté, tout ici est traité à la perfection. Que l'on adhère ou non à cette méditation, nous sommes bien là sur un sommet de l'expérience cinématographique. Et ce Blu-ray nous offre la dentelle du Transfert HD. Matières, couleurs, piqué, niveau de détail et précision ravissent. Rien ne vient entraver la profonde beauté de cette nouvelle étape dans le grand voyage Malickien.

Saluons également le travail de l'éditeur Metropolitan concernant le livret fourni avec le Blu-ray. Une approche thématique d'une grande clarté au coeur des figures, de la matière et de l'univers de Knight of Cups (Symboles, lieux de tournage, casting, et l'aventure sonore de la VF française conçue exclusivement pour la distribution vidéo ! ) Illustré de nombreuses photos du film et du tournage, ce petit guide complète parfaitement le voyage. Bravo.

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29/04/2016
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