LES CHRONIQUES CINÉ DE FRANCISCO

LES CHRONIQUES CINÉ DE FRANCISCO

HEAT, it's a Mann's world !

POLAR / BLU-RAY (2017)

MICHAEL MANN

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-  So you never wanted a regular type life?

- What the fuck is that? Barbeques and ballgames?

 

Retour sur un must du polar urbain.

22 ans après sa sortie en salles, Heat reste la fascinante confrontation de deux monstres sacrés du cinéma. Pacino / De Niro. Deux pros, sur l'écran comme à la ville. Le regard et les silences du braqueur Neil McCauley s'incarnent dans l'élégante intensité de Robert De Niro. Face à lui, Vincent Hanna. Le Tempérament volcanique du lieutenant est transcendé par l'énergie phénoménale d'Al Pacino. Deux jouissives performances. Deux manière de dévorer l'écran. Deux rôles-costards taillés sur-mesure.

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La mise en scène de Mann nous épargne le " duel d'interprétation" et ne les fera jamais apparaitre ensemble dans le même plan mais uniquement dans le rapport champ-contrechamp. Ils les imposent alors comme totalement complémentaires. L'un n'existant pas sans l'autre. Autour de ces deux guerriers solitaires, une galerie de seconds rôles campés par Val Kilmer, Tom Sizemore, Jon Voight, Ashley Judd, Amy Brenneman, Wes Studi,  Danny Trejo et j'en oublie. Excusez du peu... Des femmes de caractère et le gratin du badass Hollywoodien. Dès le générique d'intro,  Heat est un bonheur de casting. Bienvenue au Festival du charisme. Voilà pourquoi, malgré un rythme qui s'offre le luxe de la lenteur, ces deux heures quarante cinq de film passent come un charme. Polar idéal et adieu glorieux au meilleur du cinéma américain. Il y a eu depuis de beaux hommages comme The Town de ben Affleck mais jusqu'à présent, personne n'a jamais fait mieux.

Sur le fond, Michael Mann, également scénariste, impose sa marque de fabrique. Un socle scénaristique ultra-documenté tiré d'une véritable enquête (qui inspira au réalisateur un premier téléfilm en 1989 L.A Takedown)  L'ex flic et acteur Dennis Farina fut consultant pour  le personnage de Pacino. Coté braqueurs c'est l'ex taulard et écrivain Ed Bunker (vu dans Réservoir Dogs et Animal Factory) qui apporta épaisseur et crédibilité aux actions et personnages du gang De Niro. De l'écriture au montage Heat respire la maîtrise...

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La réalisation découpe l’action avec la même rigueur que ses protagonistes. Les expérimentations visuelles  de Collateral (2004) et Miami Vice (2006) l'ont amplement distancé mais l’élégance de la mise en scène à toujours fière allure (Procurez-vous la Definitive Edition de 2017, c'est un ordre!) Posée et enveloppante dans les moments intimes. Gros plans, courtes focales et  lignes de fuites étirées à l'extrême dans les moments de tension. Caméra-épaule et steadycam dans les grands moments de bravoure telle l'hallucinante fusillade en plein coeur de Los-Angeles qui nécessita à elle seule deux semaines de tournage. Du mouvement, certes, mais parfaitement maitrisé et sans recours à ce procédé stupide et gerbeux de la "caméra secouée" (technique déplorable qui permet aujourd'hui à n'importe quel tâcheron de masquer son incapacité à découper correctement une scène d'action)

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 ... La maitrise.

Coeur et moteur de Heat. Portraits de professionnels totalement dévoués à leur Art. Pacino, flic en permanence sur la brèche, tenace et totalement accroc à son job mais dont la vie personnelle est carbonisée. De Niro, précis, calme et méticuleux. Mais le code de conduite et le système de  valeurs qui ont régi sa vie volent en éclat par l'intrusion de deux personnages. Une femme  qui  "le touchera au coeur" et   l 'incontrôlable"  serial killer "Waingro", intrusion dévastatrice dans  "l'organisation"  millimétrée du maître braqueur. Les histoires d'amour qui accompagnent l'intrigue étoffent admirablement le récit. Les séquences et dialogues entre ses hommes dévoués à leur art et leurs compagnes 'vivant des miettes"donne la mesure du sacrifice qu'impose ces choix d'une vie passée "sur la brèche".

Que dire de ce petit tour au café ou les deux géants, assis face à face, se livrent l'un à l'autre dans un dialogue qui fait s'épouser deux trajectoires, deux philosophie jusqu'au-boutiste mais finalement similaires. Chacun fera "à sa manière". De Niro et Pacino. Deux immenses carrières d'acteur ayant traversées, à ce moment de leur carrière, trois décennies de cinéma avec un professionnalisme exemplaire. Le regard qu'ils s'échangent à la fin de cette scène culte porte la somme de ces expériences fabuleuses. Cet instant de cinéma touche alors au sublime.

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Deux parcours antagonistes mais aux trajectoires similaires au final.

Quelle que soit l'issue de la traque, ces deux hommes ont tous les deux perdu leur vie. Deux hommes se poursuivent dans la nuit, sous le tonnerre des avions décollant vers un ailleurs auquel ils n'auront jamais accès... En un regard, Pacino pose un magistral point final à cette marche funèbre dont le discours s'étend bien au-delà du cadre du polar. Heat est une oeuvre universelle qui dit tout du caractère inéluctable de nos tristes destinées. Les choix, les risques, la loyauté, l'amour puis la mort, en bout de piste.

Heat. Gangster-tragédie indéboulonnable.

 

 

 

 

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Style & réalisme - (The nerdwriter)


 

 

 

 

 

 

 

 

It's a Mann's World - (Alexandre Gasulla)

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Le Blu-ray : Remastering 4K sortie février 2017

 

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HEAT

1995

2H50

 

LE BLU-RAY (remastérisation 4K) :  Dès le premier plan de nuit (pourtant flou) on se dit qu'il se passe quelque chose. De nouveau éléments de décor se délivrent en arrière plan. Les contrastes et les couleurs sont plus soutenus. Puis surgissent les plans de jour et la netteté ne cesse de ravir. Le niveau de détail est sans comparaison avec le Blu-ray précédent. Pour tous ceux qui possèdent un grand écran (140 / 165) l'écart sera flagrant. L'image est d'une stabilité sans failles et gagne autant en relief qu'en profondeur. Dès la scène de braquage du fourgon on sait que l'on va enfin redécouvrir dans les meilleurs conditions possibles LE polar définitif. Le poids lourds brille de tous ses chromes, tout est propre et net. La sensation de se trouver face à un vrai Blu-ray et non devant un bon dvd upscalé est cette fois bien réelle. Alors, certes, nous somme devant un film de 20 ans d'âge et non devant une tuerie numérique façon Fast and Furious mais le grain est subtil et la haute précision est de nouveau au rendez-vous, même dans les scènes de nuit traités ici d'une manière fantastique. (le plan de l'hélicoptère au dessus des lumières de LA, juste avant le premier face à face entre Pacino et De Niro, ne m'est jamais apparu aussi beau)Bref, Heat s'offre une vraie cure de jouvence.

Vous trouverez ici et là, comme j'ai pu le lire, des détracteurs de ce nouveau transfert concernant l'abandon de la piste son (que je trouvais totalement surgonflée) de l'édition précédente mais la VO 5.1 de cette Definitive Edition offre une belle spatialisation. Ça envoie encore du lourd lors de la fusillade en plein centre-ville. Non, la vraie grande nouvelle c'est que la photographie du grand Dante Spinotti ( LA Confidential, Public Enemies) délivre enfin toutes ses nuances tout au long de cet admirable travail de remastérisation.

Voici enfin un traitement HD digne du chef d'oeuvre !!!

 

Au menu:

Tout plein de Bonus

- Questions & réponses avec l'équipe du film :
- Présentation organisée par l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences en septembre 2016 (60')
- Présentation au Festival International du Film de Toronto en 2015 (35')
5 documentaires :
- "Crime réel", portrait du vrai policier et des criminels qui ont inspiré le film
- "Histoires de crimes", l'histoire du scénario et comment le film a eu le feu vert
- "Dans la fournaise", le tournage du film, formation du casting, tournage de la scène clé du braquage au centre ville, et la post-production
- "Pacino et De Niro : la conversation", analyser la scène de confrontation mythique
- "Retourner sur les lieux du crime", revisitez les vrais lieux des scènes à L.A. quelques années plus tard
11 scènes coupées...

 

Director:

 

Writer:

 

 

 

 

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27/12/2015
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