LES CHRONIQUES CINÉ DE FRANCISCO & CO.

LES CHRONIQUES CINÉ DE  FRANCISCO & CO.

BOARDWALK EMPIRE, requiem for a drink

SÉRIE                                       HBO / BLU-RAY

TERENCE WINTER                                          

Expertise du monument

 

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"Pour les amateurs de sagas mafieuses, Boardwalk, c'est la cathédrale du genre!"   Bernard  (mon voisin)

 

 

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Deux trois mots sur ce trésor télévisuel. Initiateur de cette oeuvre d'envergure: Martin Scorsese ! Le papa de Taxi Driver et Raging Bull confirme ici (même si il n'est "que" producteur et n'a tourné que le pilote) son statut de maître de la peinture du gangstérisme. CasinoLes Affranchis, trônent fièrement aux cotés du Parrain de Coppola et du film testament de Leone "Il Etait une Fois en Amérique". Porté par la plume d'un des papas des Soprano, Terence Winter, la marque de ce géant du septième Art est omniprésente. Avec le label Scorsese, on peut imaginer que les pointures se sont bousculées au portillon pour obtenir un ticket pour le show. Et dès le premier épisode de la saison 1, le résultat à l'écran a dépassé toutes mes espérances.

Ce qu'il y a de plus marquant dans les séries US, au delà d'une exigence formelle rarement prise en défaut, c'est  l'excellence de la direction d'acteur. Et ce, du premier rôle au figurant qui passe le balai en arrière plan. Ce festival de tronches mafieuses à souhait, né dans l'esprit du créateur Terence Winter ( Le Loup de Wall Street, Les Soprano) est illuminé par des dialogues féroces et saignants et déroulé sur le tapis rouge d'une une mise en scène qui n'a rien à envier aux chef d'oeuvres du genre. Le Roi de ce sombre royaume: Steve Buscemi alias Nucky Thompson. Ce Parrain d'Atlantic City, campe un personnage totalement fascinant, tout en aspérités et jamais schématique.  Sans rien spoiler certaines de de ses scènes vous emmèneront aux plus hauts sommets de l'interprétation.

 

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Pour qui aime ce genre d'univers, le ravissement est permanent. Deux trois mots sur le fond, et sans rentrer dans les détails de l'intrigue pour ne pas spoiler. (Spoiler est un crime)Le rythme du pilote donne le ton. On soigne le contexte, on prend le temps de planter le décor. L'intensité dramatique s'affirme d'une saison à l'autre dans un fascinant crescendo. Le final de la saison 2  est un tel coup de tonnerre qu'il faut même quelques épisodes à la troisième saison pour retrouver les hauteurs de ce nirvana. Et comme dans toute bonne série, l'univers de Boardwalk s'enrichit sans cesse de nouveaux personnages hors-normes. Exemple concret dans cette saison 3 : l'arrivée du psychopathe Gyp Rosetti. Un must de l'enflure! une de ces savoureuses ordures que vous allez adorer détester. L'archétype de l'ultra-violent à la Scorsese. Sa présence contamine rapidement l'ensemble de la saison 3. La série bascule alors dans un nouvel abîme de violence.

 

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Après le déchainement, la quatrième saison a l'intelligence de calmer le jeu.  L'histoire revient se nicher au plus intime des personnages. Montrer les effets de cette "explosion".  Et c'est dans cette atmosphère crépusculaire que le sentiment de désolation confine alors à la tragédie. La plus belle fin de saison jamais vu sur un écran se trouve pour moi au terme de ce quatrième acte.

En explorant les racines du mal, la cinquième et ultime saison exhume la mémoire. L'enfance puis l'ascension de Nucky. Où comment un type bien bascule inexorablement du coté obscur.  Profonde mélancolie, fantômes et illusions perdues hantent cet incroyable final. Un cinquième acte dont la puissance narrative évoque directement le somptueux et funèbre Il était une fois en Amérique.

Écrite à l'encre noire, cette inexorable descente aux enfers est portée par un traitement Blu Ray techniquement remarquable (avec peut-être un bémol sur la troisième saison qui accuse parfois de légers flous visiblement inhérents au tournage) Inutile de préciser que la HD rend plus intense encore la présence des acteurs et que la finesse et le niveau de détail dans l'image nous régale de l'incroyable richesse des décors et costumes. Il faut préciser que sur le plan de la direction artistique on tient là LE sans faute absolu.

Boardwalk Empire est une de ces réussites qui souligne l'inexorable prise de pouvoir du petit écran sur le grand... Les Sopranos,Six Feet Under, Breaking Bad, Mad-Men, House of Cards, Game Of Thrones, Band Of Brothers/The Pacific... Chacune dans leur genre, ont su atteindre voir même dépasser l'ambition de leurs référents cinématographiques. Pour ceux qui ne lisent plus, voici une nouvelle forme de littérature.

 

 

 

 

 

 
                
 
 
 
 
 
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MAKING BOARDWALK

 

 

 


 

               

 

 

 

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BOARDWALK EMPIRE

2010 / 2015

 

 

 

LE BLU-RAY :   La HD rend plus intense encore la présence des acteurs.  La finesse et le niveau de détail dans l'image nous régale de l'incroyable richesse des décors et costumes. Une magnifique texture d’image pour un Blu-Ray impérial.

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21/08/2015
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